
Birthday, 1942 (en haut) et Dorothea dans Dreams that Money can't buy de Hans Richter
Photographiée par Motherwell, en 1945.
Hôtel du Pavot, Chambre 202 (Poppy Hotel, Room 202), 1970-3 au MNAM, Centre Pompidou et Canapé en temps de pluie, 1970.
http://www.dorotheatanning.org/life-and-work.php
Sur son site, où il est donc dit que Dorothea Tanning est morte tranquillement à 101 ans, le même jour que Mike Kelley, une chronologie des oeuvres expose une longue vie d'artiste. Née à Galesburg (illinois), partie pour Chicago, puis Manhattan (où elle “mangeait des sandwichs à la poudre de curry, prenait des cours de danse Hindu, lisait la ‘Bhagvad Gita’ et Emily Dickinson, en toute impartialité")
elle fut complètement "tatouée" par les surréalistes rencontrés, d'abord via leur exposition "Fantastic art, Dada, Surealism" au MoMA en 1936, puis par leur rencontre à Paris en 1939- qui allait tourner court, puisque nombre d'entre eux se réfugièrent à New York dans les années 1940. Elle y retrouva notamment Max Ernst, qui, chargé par sa femme Peggy Guggenheim d'organiser une exposition d'artistes femmes dans la galerie de celle-ci, vit, dans l'atelier, Birthday ("un portrait de moi même (...) Est-ce un ange, un démon, un héros, un ogre, une ruine, une romantique, un monstre, une putain? Un miracle ou un poison) ... et resta. Mariés à Hollywood en 1946, en même temps que Man Ray et Juliet Browner (John et Dominique de Menil furent un autre couple ami) Ernst et Tanning vécurent ensemble pendant une trentaine d'années, entre Sedona en Arizona et plus tard, la Touraine et la Provence.
Une série de photographies, par Lee Miller, par Irving Penn, par Robert Bruce Inverarity ou Cartier Bresson montre à quel point le couple était d'un dandysme renversant-et l'altière stature de Dorothea se montre dans les films de Richter, par exemple. Tanning raconta ultérieurement leur amitié avec Magritte et Duchamp, Orson Welles et Capote, Cornell et Balanchine. Elle disait également qu'Ernst ne l'appella jamais "wife", épouse, qu'elle détestait la procréation réservée aux femmes, espérait qu'elle fut élargie aux hommes, et méprisait le terme de "femme artiste".
Après la mort de Max Ernst, elle retourna aux USA. A partir de ses 80 ans, elle se mit à écrire, une autobiographie et des poèmes publiés dans le New Yorker, The Paris Review, The Yale Review et Salmagundi. Vient d'ailleurs de paraître le recueil, Coming to That, en 2011.
Parmi ses travaux, ce sont sans doute ses sculptures-environnements qu'on préfère: ses chambres avec des chorégraphies étranges de corps pris dans des tentacules de fourrure synthétique qui explosent brutalement depuis le mur tapissé, ou ces formes de laine, ces excroissances à figure humaine enrobant le mobilier, la table ou le fauteuil, et munis de pieds-sabots-talons. Ces travaux en tweed ou en laine représentent pour elle "deux ou trois sortes de triomphes: le triomphe du tissu comme matériau utilisé pour un but elevé, le triomphe du mou sur le dur-car comment une sculpture dure pourrait elle avoir la volupté tactile d'une souple; et le triomphe de l'artiste sur son matériau volatile, en l'occurrence du tissu vivant. "(Monique Levi-Strauss, “Dorothea Tanning: Soft Sculptures,” American Fabrics and Fashions 108 (Fall 1976).)
Yahoi Kusama, Rosemarie Trockel, comme Sarah Lucas, voire peut-être les chorégraphes comme Marie Chouinard ou Eszter Salamon sauront s'en souvenir.



3 commentaires:
Bonjour, Savez-vous où il est possible de voir les films de Richter ? Merci. Andriana
au Centre Pompidou, probablement. Dreams that Money Can't Buy n'a-t-il pas été présenté pendant l'exposition Calder? Sinon, il est évidemment dans la collection du BFI par exemple. D'autres films de Richter sont sur UBU web.
Merci. A.
Post a Comment