L'installation de l'exposition
Sphères gonflables en cas de désastre écologique...cités jardins, hopitaux psychiatriques, autels multi-usages

.... architectures mobile d'exposition...
Dans l'extraordinaire atelier/appartement/lieu de pélerinage entropique d'Edward Krasinski - celui de l'artiste d'avant-garde Henryk Stazewski, qu'il partagea avec Mewa Lunkiewicz et le mari de celle-ci et avec Krasinski, qui s'y installa en 1970 jusqu'à sa mort en 2004-- l'ancienne terrasse a été aménagée en espace d'exposition et de séminaires. C'est ici qu'a ouvert vendredi dernier l'épilogue de la suite d'expositions " Tarnów: 1000 years of modernity" une manifestation par épisodes consacrée à la modernité dans des contextes périphériques et marginaux: elle a commence avec une réflexion sur la construction en 1927 d'un complexe industriel à Mościce et se termine ainsi avec les projets de Jan Głuszak Dagamara (1937-2000).
Dagarama, ça veut dire retour au futur. Jan Głuszak, architecte visionnaire, prospectif et schizophrène, fut reconnu pour ses projets dès l'école d'architecture mais ne put aller jusqu'au bout; il travailla comme gardien au musée de Tarnow et finit misérablement sa vie en se jetant de l'étage d'un H.P.-- tout en ayant été reconnu (une exposition dès 1968 au musée d'archi de Wroclaw), primé (en 1975 :le prix d'architecture du Terra 1, un célèbre festival polonais), et ayant exposé internationalement ("Architecture intentionelle", avec Koolhaas, Isozaki, Rossi, Superstudio ou la Biennale d'archi de Venise 1996). Il programmait ses travaux pour le futur et c'est effectivement, après que sa vie fut terminée qu'il commença de susciter un nouvel intérêt : le musée d'architecture de Wroclaw lui a d'ailleurs consacré une rétrospective en 2011....
Qu'il s'agisse d'un projet d'hopital-jardin psychiatrique, d'un bâtiment sur Mars, d'une cité au Japon, d'une architecture mobile d'exposition, pliable et repliable, d'un temple multi-confessionel avec un autel pour tous usages, d'un centre culturel, les dessins qui sont présentés, souvent en couleurs, datent tous des années 1960 et 1970.
Ce sont, d'abord, des projets de cités, des méga-structures, pour des milliers de résidents-- et notamment dans des zones particulièrement fragiles en termes de climat ou de désastre. Les formes en rosace, en cellule, symétriques, supposément "naturelles", en tant que productrices d'harmonies, sont ses sources d'inspiration fonctionnelles. Elles peuvent être considérées, dit le curateur Dawid Radziszewski, comme des réponses aux possibilités technologiques illimitées comme à la dégradation de l'environnement et à la surpopulation planétaire.
Par contre, les projets des années 1970 sont au contraire des maisons "minimum", des abris, des lieux de transit, mobiles, nomades, des sortes de maisons-coques ou des domes à la Bucky Fuller en cas de guerre ou de cataclysme.
Projet pour Mars
Le manifeste de Dagarama avec ses diagrammes et son sceau




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