



Exit Art : Illegal america, Forbidden films, Assembling gender, la contre culture du fanzine à Internet, et "choice 1999" ...-




Exit Art : Illegal america, Forbidden films, Assembling gender, la contre culture du fanzine à Internet, et "choice 1999" ...







L’illusion se dénoue d’emblée, reconnaissant la constante plutôt blanche et plutôt Européenne de cet accrochage, alors que Bice Curiger demande, en introduction : « How much competence can curatorial work claim and clarify ? ». La position toute-savante du curator est ailleurs mise en question (dans un autre texte du catalogue par Beat Wyss et Jörg Scheher) : de sujet omniscient, peut-être la curator est-elle (ou il) devenue un sujet supposé savoir ?
En tout cas, une fois qu’on a dit ça— et qu’on l’a ou pas critiqué—on n’a pas commencé à voir, à devenir un sujet supposé voir ce qui opère, envers & contre tout, dans cet accrochage, non en creux, mais en doux. Dans les Giardini par exemple, le glissement progressif s’opère entre Jack Goldstein et Sigmar Polke, deux maîtres (étalons ?) d’un subjectile, qui, comme l’a évoqué Derrida, «se fonde et s'institue dans le mouvement où il devient le support de l'œuvre »(…), comme un «fond sans fond (qui) se retire à l’infini derrière les figures, mais jamais complètement : il y a toujours plus de fond, de la figure vient en plus ».
Sans doute cette dimension à la « consistance de l’entre-deux », comme le dit également Derrida, peut-elle également servir de guide aux travaux subtils et spectraux de Rebecca Quaytman, de Christopher Wool, de Guy de Cointet (associé à Jeanne Natalie Wintsch contemporaine psychiatrisée de Camille Claudel et à Karl holmqvist), de Fishli et Weiss ou même aux photographies de Luigi Ghirri, : celui-là fait ici un grand retour posthume, avec une fantastique série de photos-métalepse des années 1970, foutant une sacrée beigne à toutes celles et ceux qui s’ingénient à gloser, comme LBV, sur docu/fiction.
Qui parle d’accrochage parle aussi d’identité collective de l'exposition: c'est sans doute l'une des raisons de ces "Para-pavillons", déléguant à leurs architectes, des artistes, une responsabilité de présentation chez Oskar Tuazon, par exemple, et surtout chez Monica Sosnowska, qui retrouve dans son décor de tapisserie d'hotel ou de maison hantée par ses angles, deux poids-lours émotionnels : les sensationnelles photos de David Goldblatt, et l'entêtante installation sonore de Haroon Mirza. Le son dans cette Biennale, joue d'ailleurs fortement comme une matière sensible.
Il y a peu, à la fin de l'an dernier, on avait pu voir à Paris une exposition de Robert Breer dans sa galerie, gb Agency (cf post LBV: http://le-beau-vice.blogspot.com/2010/11/surfaces-vacillantes-et-monde-flottant_21.html) en même temps que se tenait une autre grande exposition du même artiste au CAPC de Bordeaux.
Celui-ci, né à Detroit en 1926, arrivé à Paris grâce à une "GI Bill"à la fin des années 1940, connut et participa aux avant gardes des deux côtés de l'Atlantique (de John Cage à Kubelka). Il pratiqua peinture abstraite et géométrique, passa au film d'animation et fut reconnu comme une figure légendaire du cinéma expérimental, puis du cinétisme (l'exposition Mouvement chez Denise René, qu'il quitta vite) avec ses sculptures en mouvement, formes flottantes ou "mollusques motorisés" et aléatoires devenus parfois, comme à l'exposition the Death of the Audience (organisée à la Secession de Vienne par Pierre Bal-Blanc) des cimaises errantes....Robert Breer fut l'une des figures importantes de l'Experiments in Art and Technology (E.A.T.) et le co-fondateur de Film-makers’ Cooperative à New York.
Vanity Fair afin de célébrer les habillées de l'année a publié cette photo de Christine Lagarde, qui fait immédiatement penser au tableau de Tamara de Lempicka, portraiturant La Duchesse de La Salle, 1925,. En inversant les valeurs blanc et noir c'est assez frappant, non? Petit détail piquant : jusqu'à la date de sa cession au domaine privé, vers 2005, l'ancien hotel de la Salle était occupée par des services du Ministère des Finances.

De haut en bas : style Prairie ; quelques unes des Church of Jesus Christ of Latter-day Saints sister wives; les trois soeurs épouses de Big Love et, ci-dessous, une réplique mode trouvée sur le Net
Pour celles et ceux restées à Paris ou qui retournent dans la capitale ces jours-ci, voilà une source de déprime supplémentaire : la mode Sister Wife, une info dûment rapportée par Catherine (qui l'a chopée dans Fashion Police) et que LBV souhaiterait partager sans flâner une minute de plus.. Confèrent les vitrines pré-automnales où se déploient de pudiques longues robes ou jupes à fleurs, ces dernières munies de chemisiers boutonnés, dans des couleurs allant de l'imprimé Liberty à des variantes de rose qui s'étalent largement du beige foncé au maronnasse clair. Le tout, rappelant furieusement l'équipement des sister-wives mormonnes (dans la polygamie popularisée par la série de qualité Big Love) ou, variante, la robe de style Prairie et ses smocks.