Monday, January 31, 2011

Margaret Price (1941-2011) sings Dove sono (Le nozze di Figaro)



Pour Ruth Lebovici, grâce à laquelle j'ai découvert Margaret Price (inouïe dans Mozart, à l'Opéra de Paris, qu'il s'agisse des Noces ou de Don Juan) mais aussi Kirsten Flagstad, Birgit Nillson, Gundula Janowitz, Teresa Stich-Randall, Lucia Popp, Schwarzkopf et tant d'autres.
cf.aussi http://www.classicaltv.com/v943/dame-margaret-price-in-conversation

Friday, January 28, 2011

Le "Feu au ventre" en vitrine (@yvon lambert)

Comment protester contre la censure de l'extrait video de l'oeuvre (en progrès, non finie) de David Wojnarowicz "A Fire in my Belly", 1986-87, qui fut, comme on l'a signalé dans des posts précédents du 2 décembre 2010, retiré de l'exposition Hide/Seek: Difference and desire in contemporary portraiture, à la National Portrait Gallery de Washington?  Les instances représentant l'artiste, soient la galerie newyorkaise P.P.O.W., l’Estate of David Wojnarowicz ainsi que le commissaire de l'exposition Jonathan Katz ont décidé de promouvoir la diffusion de cette oeuvre ; une balle que la Galerie Yvon Lambert a saisie au bond. A Fire in My Belly est diffusé désormais en vitrine de sa librairie au 108 rue Vieille du Temple 75003 Paris.

                             .

Thursday, January 27, 2011

Dennis Oppenheim Part 1

Dennis Oppenheim, 1938-2011




De haut en bas : Annual Rings, 1968. Attempt to Raise Hell, 1974. Device to Root out Evil, 2007. et Bus Home 2002.

L'homme qui, naguère, se laissa brûler par le soleil pour laisser sur son sternum le "blanc" des pages d'un livre (Reading Position for Second Degree Burn, 1970)  : voilà l'image, presque obsolète d'un travail du corps et sur le corps, qu'on garde précieusement. Elle appartient aux "Bodyworks" anciens de Dennis Oppenheim, qui le placent, d'ailleurs, aux côtés de l'art féministe du début des 70's. Dennis Oppenheim, né en 1938 à Electric City, Washington, étudiant à Stanford University, commença dès son arrivée à New York lorsqu'il entreprit, en même temps que Smithson et Heizer, les premiers "earthworks": des interventions hors de l'atelier, dans des sites naturels. Ainsi dans Contour Lines Scribed in Swamp Grass (New Heaven Project), 1968, les lignes d'une montagne sont prélevées, agrandies et projetées sur un terrain marécageux avoisinant. Des copeaux d'aluminium fixent les cercles concentriques ainsi projetés. L'oeuvre est ici éphémère, elle s'arrête avec un coup de vent, elle se conjugue parfois "à cheval sur le temps".
Annual Rings, 1968, est fait de cercles concentriques tracés dans la neige, de part et d'autre d'une frontière (Canada, Etats-Unis) entre deux fuseaux horaires ; Time Pocket redessine cette ligne sur la glace d'un lac gelé, grâce au parcours de l'artiste en motoneige.  Oppenheim mêle ses empreintes à celles de son fils  (Identity Stretch (1970/1975) et son intérêt marqué pour la mesure de l’espace transparaît au sein de différents modes opératoires : redoublement d’une surface par un tracé dans la neige (Garage extension, 1969), exploration nocturne d’un lieu par l’ombre étirée de son corps éclairé par une lumière forte et par l’expression répétée d’un son ( 2000 Shadow Projection (1972)). Mais Oppenheim se refuse, comme il dit, à être  un "signature artist", l'homme d'un seul projet esthétique et surtout, d'un programme préconçu, d'une progression ou d'un approfondissement systématique (cf.interview YouTube). 
On le retrouve, non seulement, sur le terrain de la sculpture et de l'installation, de la vidéo et de la performance mais également de la mécanique (ses "Machine Pieces" des années 1980) et de la pyrotechnie ; ou au rayon des "machines affectées" selon le titre d'une exposition (Didier Semin, Ramon Tio Bellido, 1986) bien avant Cattelan. On se souvient ainsi de l'extraordinaire  Attempt to Raise Hell (dès 1974): une marionnette argentée en costume tape périodiquement son front contre une cloche trop grande pour elle. Nombre d'artistes comme Thomas Schütte, s'en souviendront.
Oppenheim, quant à lui, se tourne vers la transformation d'objets quotidiens. faire un noeud avec une cheminée, par exemple A l'instar de Vito Acconci, il s'est dirigé vers la dimension architecturale, publique de l'art.  "La fonctionnalité et le design" voilà ce qui l'excite--le durable, le rapport social de la commande, aussi. "Public art is still a frontier", écrit il dans Artforum. Ainsi les titres évocateurs: Jump and Twist, 1999, Wave Forms, 2007, et en 2005 Flying Gardens. Ce qui ne veut pas dire que  l'artiste s'est assagi : Device to Root Devil, en 2007, une église tenant sur la pointe de son clocher construite, pour la Biennale de Venise, n'a jamais trouvé de destination et sa condition "inconfortable" a mené l'artiste à donner la sculpture à son université, Stanford, qui l'a d'ailleurs refusée puis à la ville de Vancouver qui fit de même, pour la laisser enfin "dans un site obscur au Canada". Dennis Oppenheim est mort d'un cancer du foie, à 72 ans, le 22 janvier dernier. Il était en train de terminer un projet à Las Vegas "downtown" : une entrée de ville composée de deux énormes coups de pinceau, éclairés, comme il se doit dans cette ville d'un feu d'artifice de lumières colorées formant un arc au dessus de l'autoroute. Le projet aurait du être fini en décembre, et LBV l'aurait alors vu mais l'artiste était trop malade; la municipalité a décidé, cependant, de poursuivre.


 

Tuesday, January 25, 2011

Bruxelles, Shelly Silver et Francis Alÿs.













Francys Alys, une image du film A Story of Deception, 2006; un fragment de Lynching, 2005; Untitled, 2004, peinture coupée, une inscription dans l'exposition, et une image de Tornado, 2000-2010



Une image de la pièce précédente de Shelly Silver, ci-dessus, 5 lessons and 9 questions about Chinatown.

Deux expositions ont amené LBV à Bruxelles, l'une s'ouvrant au vaisseau Argos (littéralement, puisque la pièce de Hans Op de Beeck, au rez de chaussée- s'inspire directement de son expérience à Saint-Nazaire) et l'autre fermant au Wiels le 30 janvier.
http://www.argosarts.org/
http://www.wiels.org/
L'américaine Shelly Silver utilise le premier étage du centre audio-visuel Argos comme un plateau --ou plutôt une "salle d'attente", dit-on,-- pour y présenter un film décomposé en plusieurs écrans, éclaté en séquences qui s'animent et s'arrêtent, successivement, sur image. Il s'agit d'une immersion impossible et d'une observation quotidienne et permanente dans ce quartier où elle vit depuis 24 ans: Chinatown, Manhattan. Quelle proximité et quelle distance, pour cette artiste-, auteure de Former West, Former East, 1992 mais également déjà de plusieurs oeuvres, dont 5 lessons and 9 questions about Chinatown, en 2009 pour le Musée d'art des Chinois d'Amérique? Chinatown, le quartier historique des immigrants chinois, actuellement en voie de "gentrification", avec ses innombrables histoires, circulations et échanges est aussi un décor photogénique. En témoigne cette séquence, où Shelly Silver capte depuis sa fenêtre un tournage de Woody Allen, par effraction. Le "devenir-figurant" des habitants de Chinatown théâtralise potentiellement chacun des cadrages de l'artiste. Et pourtant, une voix mène la danse, qui parle Mandarin (les sous-titres sont aussi chinois et en anglais- mais sont-ce des sous-titres, traduisent-ils le silence?). Un dispositif narratif triangulaire s'établit, entre le voir, nous et la voix, sans qu'on puisse jamais (sa)voir à qui elle appartient.
La voix sans visage est celle d'un homme, qui, parce qu'il est gay, s'est fait virer de sa communauté d'origine. Il a quitté ou perdu ces repères familiers et il revient à Chinatown pour veiller sa mère malade. Une fois sa mère morte, il se fera à nouveau lourder de l'appartement. Cette compulsion de répétition forme le paradoxe d'une narration et d'une recherche qui sont toujours aussi une exclusion. Ainsi dans les archives, auxquelles le personnage comme Shelly Silver ont recours : qu'il s'agisse des images de l'immigration chinoise et des quotas ethniques, du Who's Who exclusivement masculin des Chinois en 1912, ou des images spécifiques, déchirées, rejetées d'une famille, qui seront "rapiécées" par la découpe et le collage des visages et des corps désassortis; comme le couple formé par l'artiste et son narrateur--ou est-ce le contraire?
A Wiels, sur deux étages (plus un pigeonnier panoramique), on pose immédiatement des actes. Et les sons émis par quelques-unes des videos produisent une sorte de gong entre les pièces. Le travail de Francis Alÿs, dit Mark Godfrey, "n'a pas de frontière"ni d'identité figée: pour cette exposition, parfois la documentation excède l'image, parfois il n'y a que l'image, parfois seulement la documentation, parfois des objets outrepassent le théâtre de la reconstitution-- sans compter l'autre scansion apportée par de tous petits tableaux, taille enfant, montrant des rêves ou des paysages qui ne se filment pas. Comme cette carte postale, qu'on peut garder, et qui permet d'imaginer une action qui eut lieu en 1997. Plutôt que de traverser la frontière Mexique/USA entre Tijuana et San Diego, Francis Alÿs fit un tour du monde pacifique en 35 jours d'avion, passant par Panama et le sud de l'Amérique pour se retrouver, via l'Australie, Singapour... à Seoul, Anchorage, Vancouver, etc. Poétique et politique se voudraient ici en interaction et on s'interroge sur les capacité de transformation de chacun de ces actes; qu'ils soient minuscules, comme tous les petits commerces, échanges, expressions, déchets et trafics urbains plus ou moins louches sur lesquels ils se moulent, ou, au contraire, démesurés dans le temps, l'espace, le nombre, la multitude : réquisitionner 500 volontaires péruviens pour déplacer de 10 cm une montagne ou pousser un bloc de glace pendant 9h jusqu'à ce qu'il ne reste rien qu'une flaque.
Francis Alÿs, belge d'origine vit depuis longtemps à Mexico. Toujours en tant qu'étranger, gringo (il s'est d'ailleurs "vendu" comme tel au marché au travail devant la cathédrale, en 1994), son travail se déploie dans le contexte de la modernité inachevée de l'Amérique Latine --même en Israel pourrait-on dire : du coup, les mots de reconstitution, de "re-enactment" ont, dans ce cadre, d'autres connotations qui ressortent également de l'enquête, de la criminologie (hello, Morelli), pas seulement du droit d'auteur (par ailleurs, son site permet de télécharger gratuitement une vingtaine de vidéos  http://www.francisalys.com/)
Toujours en mouvement, Alÿs marche, ses oeuvres fuient, la glace ou la peinture coulent et la drogue fait divaguer . L'oeuvre-titre de l'exposition, un film avec son projecteur, montre le mirage, en plein désert, du ciel entrant sur la terre et réciproquement, alors que la route devient liquide, creusant infiniment un chemin qui se volatilise à peine apparu. Deception, en anglais, veut dire à la fois illusion et désillusion, comme les deux faces du signe.


Monday, January 24, 2011

Séminaire avec Kobe Matthys le 26 janvier

ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES EN SCIENCES SOCIALES (Cespra)
FONDATION MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME

SOMETHING YOU SHOULD KNOW: ARTISTES ET PRODUCTEURS AUJOURD'HUI

Patricia Falguières, Elisabeth Lebovici, Hans-Ulrich Obrist et Natasa Petresin-Bachelez


Mercredi 26 janvier à 19H

Agence

De 19H à 21H, À LA MSH, 16 – 18 RUE SUGER, 75006
(métro Odéon ou Saint – Michel)


Agence est le nom générique d’une agence fondée en 1992 par l’artiste Kobe Matthys (né en 1970 à Gand) et installée à Bruxelles. Agence est unearchive en voie de constitution, une archive de « quasi choses », qui témoignent d’une certaine incertitude quand à la classification nature /culture, de choses qui résistent à l’opposition expression / idée, création / fait, sujet / objet, humain / non humain, originalité / banalité, individuel / collectif …Cette liste de « chose »s est empruntée à des procédures juridiques, des cas de jurisprudence, des controverses concernant la propriété intellectuelle. Ces « chose »s, Agence les convoque au fil de diverses assemblées, expositions, performances et publications. Chaque assemblée se livre à une exploration topologique des différents effets du dispositif, de l’appareillage, du geste d’auteur dans les pratiques artistiques. Agence est en cours de constitution, ce qui signifie que même une conférence est l’occasion de convoquer une « chose » .

Parmi les récentes présentations d’Agence : "Animism" (Extra City, Antwerpen, 2010), "Les vigiles, les menteurs, les rêveurs. Erudition concrète" (Le Plateau, Paris, 2010), Contemporary Art Museum in St. Louis(2010),  "PhotoCairo 4: The Long Shortcut" (CiC Cairo, 2009); 5th Berlin Biennial (2008), "Anna Kournikova Deleted by Memeright Trusted System" (HMKV, Dortmund, 2008), "on the way to: From/To Europe" (Shedhalle, Zürich, 2006), Biennale de Paris (2006), "Projekt Migration (Kölnischer Kunstverein, Cologne, 2005), "Bartleby" (HAU, Berlin, 2004) . Agence a aussi contribué aux publications F.R. David (De Appel, Amsterdam, 2009), dotdotdot 17 (New York, 2008), Casco Issues XI: An Ambigous Case (Casco, Utrecht, 2008), Brakin. Brazzaville-Kinshasa (Jan van Eyck Academie, Maastricht & Lars Müller Verlag, Baden, 2006), The Manifesta Decade (MIT Press, 2005). .
Agence prépare un projet pour le pavillon Nordique de la prochaine Biennale de Venise,  et d’autres pour  « Objectif Exhibitions » à Anvers, Showroom à London, et sera en résidence aux Laboratoires d'Aubervilliers en 2011-2012
 http://www.janvaneyck.nl/4_4_cv/cv_f_mat.html
http://www.e-flux.com/journal/view/139

Agency is the generic name of an agency that was founded in 1992 by artist Kobe Matthys (born 1970 in Ghent) and is based in Brussels. Agency constitutes an ongoing archive of "quasi-things" which are things that witness hesitation in terms of the bifurcation of nature into the classifications ‘nature’ and ‘culture’. These are things that resist oppositions between expressions and ideas, creations and facts, subjects and objects, humans and non-humans, originality and banality, individuals and collectives, etc... This list of things is derived from juridical processes, lawsuits, cases, controversies, affairs and so forth around intellectual properties, where this bifurcation has been discussed. Agency invokes these things from its list during varying assemblies inside exhibitions, performances and publications. Each assembly explores in a topological way different aspects of the performative consequences of the dispositive (apparatus) of gestures of authorship for art practices.
Agency is always in the making, which implies that even a talk is for Agency an occasion to invoke a thing.

Something you should know
Programmation et prochains rendez-vous par abonnement à la newsletter
somethingyoushouldknow-request@ehess.fr
EHESS : Nicolette Delanne, delanne@ehess.fr
Cespra, 105 bd Raspail, 75006, Paris
tél: 01 53 63 51 38

Le séminaire "Something you should know: Artistes et producteurs aujourd'hui"
est soutenu par la fondation FABA.

Tuesday, January 18, 2011

A propos de Larry Clark. Une question.

L'exposition du cinéaste/photographe américain Larry Clark a fait grand bruit, notamment à propos de son interdiction imbécile au moins de 18 ans au musée d'Art moderne de la Ville de Paris. Elle aurait attiré 118 000 visiteurs, dit la communication du musée, en guise de bilan après que l'exposition a fermé début janvier.
Mais voilà qu'aujourd'hui, LBV ouvre une anthologie de textes (The Passionate Camera, éditée par Deborah Bright, datant de 1998) et que le chapitre 8, écrit par l'historien queer José Esteban Munoz, et consacré à "rough boy trade, queer desire/straight identity in the photography of Larry Clark" n'est pas illustré. Ce manque d'iconographie est accompagné par une note de l'éditrice : "Larry Clark n'a pas donné sa permission pour que ses photographies soient reproduites dans ce volume. Les lecteurs/trices sont encouragé/e/s à chercher ailleurs les images dont l'auteur parle."
Qu'est-ce à dire. Larry Clark n'a pas autorisé la publication parce qu'il voulait être payé (ou payé plus cher)? Parce que l'anthologie ne lui était pas entièrement consacrée? Ou bien avait il quelque chose contre le texte de José Esteban Munoz? Peut-être le désir manifeste ( et d'ailleurs décrit comme universel) de celui-ci à l'égard des "gringitos" ne lui-a-t-il pas tellement plu. Ou s'agit il encore de l'interprétatin que Munoz fait de cette "négociation" par Larry Clark, qui renforcerait d'autant son hétérosexualité, des "eaux" et du "commerce" de l'homosocialité?

Saturday, January 15, 2011

Gregor Muir à l'ICA de Londres

Le nouveau directeur exécutif de l'ICA de Londres, Gregor Muir, prendra ses fonctions le 7 février. Il vient de la galerie Hauser and Wirth, dont il fut nommé directeur de la branche londonienne en 2004- Muir venait alors de la Tate (où il fut co-commissaire, avec Jessica Morgan de Time Zones, consacrée à l'image en mouvement et de In-a-Gadda-da-Vida).
En 1997, Muir a travaillé pour la la Lux Gallery de Londres (avec des expos de Kutlug Ataman, Carsten Höller et des soeurs Wilson) et a également été alors commissaire d'une expo à l'ICA. Le comité d'administration de cette institution en mauvaise passe financière a manifestement décidé que l'art (visuel) contemporain primait en confiant cette position a un homme très proche de la génération des YBA ("Young British Artists), qui a d'ailleurs écrit un livre, Lucky Kunst (2009) sur sa vie, et celle des artistes en question dans les années 1990.

Wednesday, January 12, 2011

deux blogs intéressants sur le Guardian

Le site du Guardian est décidément intéressant. Entre autres : deux blogs à signaler - ainsi que leur(s) fil(s) de discussion.
1) un"journal des coupes (budgétaires) de la culture"commence aujourd'hui.
http://www.guardian.co.uk/culture/culture-cuts-blog/2011/jan/12/arts-funding-cuts-libraries
2) depuis juin 2010, Juliet Jacques, tous les quinze jours, écrit le journal de son "réassignement de genre" et les détails, pratiques ou théoriques, de sa transition.
http://www.guardian.co.uk/lifeandstyle/2011/jan/12/transgender-health-and-wellbeing

Séminaire "Something You Should Know" : 12 janvier Ralf Marsault

ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES EN SCIENCES SOCIALES (Cespra)

FONDATION MAISON DES SCIENCES DE L’HOMME

SOMETHING YOU SHOULD KNOW: ARTISTES ET PRODUCTEURS AUJOURD'HUI

Patricia Falguières, Elisabeth Lebovici, Hans-Ulrich Obrist et Natasa Petresin-Bachelez

Mercredi 12 janvier à 19H

Ralf Marsault

De 19H à 21H, À LA MSH, 16 – 18 RUE SUGER, 75006

Anthropologue photographe, Ralf Marsault, né en 1957 à Angers a publié l’an dernier ,aux Presses du Réel, Résistance à l’Effacement, à partir de sa thèse de doctorat (soutenue à Paris VII en 2007). Cet essai d’anthropologie visuelle est situé et consacré à l’un des derniers Wagenburg de Berlin, sa culture et ses rites. Son travail a consisté à chercher une méthodologie pour raconter la vie dans les marges, ou plutôt les interstices urbains au cœur de la ville. Les Wagenburg sont en effet ces campements de caravanes de chantiers et de camions, installés depuis le milieu des années 1980, avant la Chute du Mur à Berlin. Ils ont été et sont encore, quoique en bien moindre nombre, insérés dans la bande de séparation, dans « l’entre-deux murs » vacant entre l’Ouest et l’Est ; un lieu où est accourue une jeunesse en rupture, constituant chaque Wagenburg en campement séparé et libertaire.

Pour rendre compte des « temporalités marginales/formelles des corps», son étude de terrain s’est constituée de deux « couches » temporelles : d’abord, un ensemble de photos, produites par Ralf Marsault dans les années 1990 avec son compagnon Heino Muller; ensemble, ils se sont attachés à photographier les punks en les impliquant dans leur mise en scène de soi, produisant des sortes d’installations où apparaît toute la sophistication des vêtements, des maquillages et des tatouages, des signes « rugueux » d’appartenance dans le chaos organisé des lieux.

Ces photos, publiées sous le titre Fin de Siècle et qu’on a pu revoir récemment dans la galerie londonienne de Wolfgang Tillmans,Between Bridges, Ralf Marsault les a remises en circulation, une quinzaine d’années plus tard, après la mort d’Heino Muller et alors qu’il s’installait dans un Wagenburg : il les a données à voir et à lire à nouveau recueillant alors les réminiscences comme leurs mise en perspective et produisant ainsi un corpus d’archives pour un groupe de personnes radicalement absentes des registres officiels, dont les fabrications, rituels, modes de présentation et formes d’expression ont également fait l’objet d’une exposition dont Ralf Marsault fut le commissaire, au musée de Kreuzberg (Berlin, 2008).

Ralf Marsault, qui a récemment participé à différents colloques (au musée du Quai Branly et à l’EHESS), a également exposé fin 2010 à la galerie Fait&Cause (Paris) et à la Maison Européenne de la Photographie.

http://www.ralfmarsault.fr/

http://www.franceculture.com/personne-ralf-marsault.html

http://www.lespressesdureel.com/ouvrage.php?id=1770&menu

Something you should know. Quelques mercredis par mois, de 19H à 21H, À LA FMSH, 16 – 18 RUE SUGER, 75006

(métro Odéon ou Saint – Michel) entrée libre dans la limite des places disponibles.

Programmation et prochains rendez-vous par abonnement à la newsletter

somethingyoushouldknow-request@ehess.fr

EHESS : Nicolette Delanne, delanne@ehess.fr

Cespra, 105 bd Raspail, 75006, Paris

tél: 01 53 63 51 38


Le séminaire "Something you should know: Artistes et producteurs aujourd'hui"

est soutenu par la fondation FABA.

Janette Laverrière (1909–2011)







La table basse Nénuphar Noir, 2004 de Janette Laverrière et son portrait en 2008.
Chez Janette Laverrière en 2008 : "À Gustave Courbet", 2001: objet-miroir (photo: Giovanna Silva) et "La Commune – Homage à Louise Michel", 2001, (Courtesy: Thomas Gallery Ltd., New York ) . Vue de la Biennale de Berlin.


Toute à son jetlag, LBV n'a pas fait part de la mort de la designer d'origine Suisse Janette Laverrière, juste après son 101è anniversaire, le 1er janvier 2011.
Celle-ci étudia à Bâle (Allgemeine Gewerbeschule) et y apprit le dessin et la décoration. Rompue aux théories du Bauhaus grâce à son père architecte, chez qui elle fait son apprentissage, elle part à Paris pour y faire y des meubles abordables mais rejoint en 1931 l'agence de Jacques-Émile Ruhlmann à Paris, qui la scandalise par "son avalanche de luxe et par le caractère ampoulé" de ses productions (in Le Figaro, 2007). Elle épouse Maurice Pré, avec lequel elle collabore sur des meubles modernes et concourent par des projets comme "Home Idéal" jusqu'à leur séparation en 1945, date à partir de laquelle Janette Laverrière produit de façon autonome.
En 1944, elle crée au sein du Front National des décorateurs, puis de l'Union des artistes décorateurs et créateurs d’ensemble et en 1945 elle devient membre du Parti Communiste (puis du groupe des Artistes pour la Paix), refusant de participer au comité d'épuration de la société des décorateurs. Dans sa production, des meubles en fer et en alu, des "cuisine-combinée" en formica coloré pour le Salon des arts Ménagers, des "fauteuil confortable" (1955) beaucoup d'appartement privés, où elle tente des combinaisons, qui répondent de façon pratique et agréable à l'exiguïté des logements modernes. Les sièges l'intéressent particulièrement et font l'objet de nombreuses études et projets. Elle devient prof à Camondo, reçoit la commande du palais de Niamey au Niger (1963), ouvre à partir de 1971 la galerie la Lampe dans l'Horloge (titre emprunté à Breton)... Le centenaire de Cocteau lui donnera de nouvelles idées d'objets non utilitaires, c'est à dire, pour elle, utiles (cf ses "miroirs")
Dans une interview donnée à Vivian Rehberg ((http://www.frieze.com/issue/article/use_value), Laverrière s'est longuement exprimée sur le sexisme qui régnait dans le domaine des objets et de la décoration, pourtant un domaine historiquement lié au féminin.
Janette Laverrière a été portée sour les feux de l'art contemporain, lors de la Biennale de Berlin 2008 (avec les commissaires Elena Filipovic et Adam Szymczyk) où elle a proposé, au sein du Pavillon de Schinkel, un partenariat avec l'artiste Nairy Baghramian (née en 1971) sa première collaboration avec une femme artiste. La Lampe dans l'Horloge, 2008. Elle a eu ensuite une exposition personnelle à la Kunsthalle de Baden-Baden.
L'ina, à l'occasion de elles@centrepompidou a réalisé un petit portrait de Laverrière, que devrait compléter une interview d'Hans Ulrich Obrist.
http://www.ina.fr/video/CPD09004502/portraits-de-femmes-artistes-janette-laverriere.fr.html
En Mars avril prochain ses miroirs seront exposés par la galerie Schirman de Beaucé.
http://www.schirman-debeauce.com/index.php?id=388&L=0

Tuesday, January 04, 2011

*****Joyeux 2011 : les oeuvres de Dan Flavin et Bill Viola n'ont pas produit d'art selon la Commission Européenne

 L'Art Newspaper (déc) rapporte le "mouvement stupéfiant de la Commission Européenne, laquelle, inversant la décision d'un tribunal fiscal britannique, a refusé de classer des oeuvres de Flavin et Viola en tant qu'"art"". Ce qui veut dire, selon le journal, que les galeries et maisons de vente britanniques devront payer plein-pot la TVA (20% en 2011) pour des oeuvres vidéos ou de lumière, lorsqu'elles sont importées des pays hors de la communauté. Cette décision pourrait s'appliquer à tous les pays de l'Union Européenne. 
En fait, la bataille juridico-fiscale a commencé en 2008, alors que la galerie londonienne Haunch of Venison avait importé en 2006, depuis les Etats-Unis, les éléments de six installations vidéo de Viola et tenté d'importer une installation de tubes fluorescents de Flavin. Déclarés en tant que sculpture, ces travaux n'étaient redevables que d'une TVA de 5%. Mais les douanes avaient rejeté cette déclaration, pour qu'enfin une décision juridique en 2008 donne raison à la galerie. 
Dernier coup de théâtre : la commission européenne a jugé que l'oeuvre de Flavin " possède les caractèristiques d'une installation électrique... et doit donc être classée... comme une installation murale électrique ". De même pour Viola, "ce n'est pas l'installation qui fait l'oeuvre d'art mais le résultat d'opération (un effet lumineux) qu'elle produit. En d'autres termes, ce n'est rien d'autre qu'un banal projecteur.
L''Art Newspaper donne la parole à l'ex-juriste de Haunch,  Pierre Valentin. Celui-ci remarque : "suggérer, par exemple, qu'une oeuvre de Flavin n'est une oeuvre d'art que lorsqu'elle est allumée, est du plus franc comique" ...
On se souvient, évidemment, de "Brancusi contre Etats-Unis" en 1928 où, comme l'a raconté Margit Rowell notamment, fut portée devant la Cour, la question de savoir si "le bronze, désigné... du terme français "Oiseau" (...), est ou n'est pas une sculpture ou statue originale produite par un sculpteur, dans le sens où l'entend l'article 1704 du Tariff Act de 1922". (Extrait du procès). L'enjeu du procès était celui de la libre circulation des oeuvres et le litige portait sur la définition d'une œuvre d'art - et de l'art en général.


*****Joyeux 2011 : la cote des femmes artistes qui grimpe, qui grimpe...

Le Financial Times rapporte que la cote des femmes artistes grimpe plus vite que celle des hommes. En effet,  selon l'AMR Women’s Art 100 Index  (qui se base sur un groupe représentatif de 100 femmes artistes d'Angelika Kauffmann (XVIIIè s) à Tracey Emin, reflétant l'origine anglo-saxonne de cet index) et sur une période de 25 ans, les artistes femmes croissent plus vite en prix que les hommes.  On voit la courbe (en rouge) du Women’s Art 100 s'élever au dessus de celle, bleue, de l'Art 100 Index (sans distinction de genre, c'est à dire très largement masculin) à partir de l'année 2000 et cette croissance se maintient durant toute la décennie, y compris pendant les hauts et les bas du marché.
http://www.ft.com/cms/s/2/1b706208-143c-11e0-a21b00144feabdc0.html?ftcamp=rss#axzz1A38cC9l8