Monday, August 15, 2011

Robert Breer (1926-2011): le mouvement contrepoint des histoires


Il y a peu, à la fin de l'an dernier, on avait pu voir à Paris une exposition de Robert Breer dans sa galerie, gb Agency (cf post LBV: http://le-beau-vice.blogspot.com/2010/11/surfaces-vacillantes-et-monde-flottant_21.html) en même temps que se tenait une autre grande exposition du même artiste au CAPC de Bordeaux.

Celui-ci, né à Detroit en 1926, arrivé à Paris grâce à une "GI Bill"à la fin des années 1940, connut et participa aux avant gardes des deux côtés de l'Atlantique (de John Cage à Kubelka). Il pratiqua peinture abstraite et géométrique, passa au film d'animation et fut reconnu comme une figure légendaire du cinéma expérimental, puis du cinétisme (l'exposition Mouvement chez Denise René, qu'il quitta vite) avec ses sculptures en mouvement, formes flottantes ou "mollusques motorisés" et aléatoires devenus parfois, comme à l'exposition the Death of the Audience (organisée à la Secession de Vienne par Pierre Bal-Blanc) des cimaises errantes....Robert Breer fut l'une des figures importantes de l'Experiments in Art and Technology (E.A.T.) et le co-fondateur de Film-makers’ Cooperative à New York.

Chez Robert Breer, tout mouvement produit une histoire, qui se contredit dans le mouvement suivant, la potentialité narrative de chaque trait, chaque boucle, étant sans cesse rejouée dans le présent du passage des images. Cela correspond peut-être au leitmotiv pédagogique articulé par Godard, dont France, tour, détour, deux enfants,en collaboration avec Miéville passe en ce moment sur Ciné-club) et qui commence par : "et maintenant, je crois qu'il faudrait une histoire..."

Une exposition a lieu actuellement au Baltic art center:

à lire, l'interview récente dans artforum par Michelle Kuo:


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