Monday, June 20, 2011

L'effet "Ab Ex" roulé sous les aisselles du "camp".



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Leidy Churchman,Painting Treatments, 2010, still from a two-channel color video, citée par Amy Sillmann dans son article.
C'est un bien intéressant numéro que le magazine (Summer 2011) Artforum vient de faire paraître, presque entièrement consacré à l'"Ab-Ex" et par là, on n'entend pas les futurs conglomérats de recherche universitaire, mais les muscles gonflés ou dégonflés, la génération ou la dégenerescence, c'est selon, d'un mouvement pictural new yorkais fort bien porté entre 1950 et... 1990 au moins: l'Expressionnisme Abstrait. Ce genre de numéro presque "spécial" de la revue américaine permettrait, selon ce qu'on nous a rapporté de sa très jeune rédactrice en chef Michelle Kuo, d'entendre parler d'effets secondaires, de "pistes granulaires de matériaux, processus, dynamiques sociales et mediatiques" (c'est elle qui l'écrit), rapportées par un concert de voix, provenant des artistes, outre la course de fond en solitaire de l'auteur(e) d'un article. Certes les coureurs et coureuses de fond sont là mais ce sont, probablement, les textes d'Amy Sillman et celui de Richard Prince (comme repoussoir) qui font mieux réfléchir. 
Liquidons en vitesse le texte de Prince, débile, copieusement ponctué de parenthèses et de points de suspension (ça sent l'email), qui le voit supposément préoccupé par les artistes femmes, mélangeant allègrement Lee Krasner et Romaine Brooks, Djuna Barnes et Elaine de Kooning, o yeah,  pour raconter avec qui elles couchaient. 

Au contraire, la Barbra Streisand/Funny Girl, l'amie Amy Sillman manipule le paradoxe avec la forfanterie jouisseuse et jouissive, qui lui est habituelle. Elle in(ter)vertit la ligne conventionnelle d'un Expressionnisme Abstrait vu comme"chassis machiste et mysogyne"- pour faire de Krasner ou Joan Mitchell des "femmes faux-mecs arborant leur bâton comme des cow-boys" et de Pollock ou De Kooning des femmes phalliques dans leur pratique; bref,  elle redistribue les rôles de la butch et de la femme tout en jouant à fond la carte d'un Expressionnisme Abstrait roulé sous les aisselles du camp et de la passion LGBTQQ (... le dernier Q pour "questionning"), tout en prônant la liquidité chaude et enthousiaste d'une peinture montée à cru, nue, bareback en quelque sorte. 
http://www.artforum.com/inprint/issue=201106&id=28354 


On citera ici longuement la fin de son article 
"Things have changed, but I still hear AbEx characterized fairly regularly as just a bunch of macho gestures, now collapsed and out of use. It reminds me of an occasion about a decade ago, when I went to give a talk somewhere in America at a university art department that was populated by self-described “content-driven” students and faculty. “Content-driven” was how you said it back then—meaning, “We work with politics and abhor the (supposed) emptiness of formalism.” So I naturally insisted extra hard on the form in my work, taking a certain perverse pleasure in describing myself as a kind of formalist. This didn’t go over too well with the crowd, who became audibly disgruntled. Afterward, though, some bearded guys came up to say how much they loved the talk, and when they walked away, I found out that they were transgendered men. It was funny for me to realize that the people who loved my formalist rap the most were the guys who had gone the furthest in their own personal lives to make specific changes to their own forms. We were both committed to an idea of the inseparability of form and content, and we were working with their interactions, their malleability; if you could change one side, you could change the other. This made for a funny alliance—funny ha-ha and funny peculiar."


Dans le même numéro d'Artforum, un implacable article de Carol Armstrong, prof féministe d'histoire de l'art à Yale, sur Cézanne ou plutôt sur les propos pénibles d'un autre célèbre historien d'art, celui là en fin de carrière -- il s'agit de T.J. Clark--qui aurait déclaré la péremption de tout discours possible sur cet artiste en fermant lui-même le chapitre. Revenir sur Cézanne, donc, serait une tâche achevée, ce contre quoi s'érige Carol Armstrong entraînant le magazine entier sur ses traces... 

1 commentaires:

Anonymous said...

"'une peinture montée à cru, nue, bareback en quelque sorte. "
mais que savent les lesbiennes du bareback?

povres nazes!

Occupez vous donc de vos tristes titites zaffaires

l'anonymousse