Outrées par les réactions sexistes à l'affaire DSK, nous étions, parait-il, 3000 à répondre très vite à un appel paru samedi, pour manifester notre colère dimanche devant la Place Stravinsky du Centre Pompidou. Le mot d'ordre: "Sexisme: ils se lâchent, les femmes trinquent" et les slogans : "Les soubrettes sont en colère" ou encore "Nous sommes toutes des femmes de chambre", et bien sûr, "raz la touffe". Cette manifestation avait lieu à l'appel des associations Osez le féminisme!, Paroles de femmes et La barbe, et était soutenue notamment par le Planning Familial, SOS Homophobie et l'Inter LGBT...
"Quand une femme dit non, c'est non", disions nous contre le viol, dans les années 1980. Il ne faut pas cesser de dire : non. Et il ne faudra pas cesser de dire non, à entendre les "élements de langage", utilisés notamment sur tous media confondus depuis le déclenchement de l'affaire DSK. L'association Paroles de femmes a relevé les blagues sexistes dont les réseaux sociaux regorgent, qui font l'amalgame entre badinage amoureux, "lutinage" et agression sexuelle, comme autant de tentatives pour minimiser le viol. Clémentine Autin rappelait que 75.000 femmes en sont victimes chaque année. "La présomption d'innocence est inaliénable, mais la présomption de la véracité des propos de la plaignante aussi", soulignait Audrey Pulvar.
Effectivement. Comment ne pas se sentir outrée par le langage des éditorialistes (ou ex-ministres, cf Badinter, quelle tristesse!)- y compris, d'ailleurs, ceux qui qui, durant la semaine, se sont "retournés" pour battre leur coulpe. Mais s'il fallait protéger "nos petites femmes journalistes" de la gloutonnerie des hommes de pouvoir, pourquoi refuser de voir le lien avec les puissances médiatiques? Qui préside aujourd'hui, à l'information, tous medias et toutes tendances confondues ? Que des hommes. Qui succède à qui dans les media, sinon des hommes à des hommes?
On espère ainsi que l'affaire DSK amènera à reconsidérer l'état de négligence, ou plutôt de secondarité, dans lequel sont laissés les abus sexuels opérés par des hommes obsédés par leur puissance (le viol étant jusqu'ici réservé seulement aux banlieues). Pourquoi ne pas reconsidérer, également, les hiérarchies de l'information et qui sait, le genre de ceux qui la commandent? Enfin, rêvons un peu, la politique des sexes et des genres ne pourrait-elle pas, enfin, entrer dans l'espace public (et dans le débat électoral) autrement que comme une question subsidiaire ou quantité négligeable ?
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