Paris, 1931, Pavillon des "Indes Françaises". photo D.R.
Non.
Ce n'est pas à Paris, 1931 mais à Paris 2011.
Une exposition, intitulée Paris-Delhi-Bombay, vise à retrouver, parait-il, l'esprit des premières grandes manifestations Beaubourgeoises, type Paris New York ou Paris Berlin ou Paris Moscou, ou... Paris Paris, d'ailleurs; une telle prétention sonne évidemment complètement faux, lorsqu'on sait que ces manifestations cherchaient à retrouver le fil de relations, que la France n'a jamais eues avec l'Inde. Donc, ici, on s'est lâché. La recherche de relations historiques (scholarship=zéro) a été remplacée par une série de commandes spectaculaires à Gilles Barbier, Philippe Ramette, Camille Henrot, Stéphane Calais, envoyés en Inde (avec la réciproque, pour leurs collègues Indiens venus à Paris), le tout composant environ70% de l'exposition.
D'où sans doute, l'aspect touristique de la dite manifestation, baignant l'escalator sous le chant Tibétain et organisée en Mandala. Le centre renferme une tête monumentale (par Ravinder Reddy) de "femme ordinaire" (dixit le plan gratuit), autour de laquelle est disposé un cylindre de cimaises peintes en orange cum moquette orange, où sont réparties des infos sur l'Inde ("Artisanat", "Politique", "Place de la femme"....) façon Lonely Planet ou guide du Routard.
Ensuite, ce sont les attractions diverses.
Le matin du vernissage "presse", Nikhil Chopra impliquait patiemment son corps sur une cimaise "in progress" , devant les caméras attentives et accréditées. Sunil Gupta répondait, lui aussi patiemment, aux questions posées sur le statut de l'homosexualité masculine en Inde sans rien lui demander de ses rapports avec le travail qu'il propose à Beaubourg, traitant de "l'amant indien" à Paris, avec les questions de mixité ethnique et de racisme attenantes. Tapis dans la pénombre, les installations de Tejal Shah et de Kader Attia, consacrées au Hijras et aux communautés transgenre ainsi que les films de Raqs Media Collective étaient taxés de "complexité poétique... mêlant réalité et fiction". Nombre d'artistes indiens regardaient avec surprise une machinerie, dans laquelle ils ne se retrouvaient guère. Ni les media indiens, d'ailleurs : http://www.thehindu.com/arts/art/article2051492.ece
Symptomatiquement, la librairie attenante à cette exposition du 6è étage, partageant ses ouvrages sur l'Inde avec ceux consacrés à François Morellet, propose certes des romans indiens et l'oeuvre complète d'Alain Daniélou mais certainement pas celle de Gayatri Chakravorty Spivak, ni les subaltern studies, ni le post-colonial.
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1 commentaires:
Il fallait le dire ! Merci !
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