Tuesday, April 12, 2011

Sharjah, licenciement de Jack Persekian, censure de Mustapha Benfodil


Jack Persekian, directeur depuis 2005 de la Biennale de Sharjah, créée en 1993, a été licencié le 6 avril dernier par le Sheikh Sultan bin Mohammed.
Une pétition, relayée par e-flux (ci-dessous), déplore la révocation de Persekian en plein pendant la durée de la 10 è Biennale (jusqu'au 16 mai) mais on sait moins pourquoi Persekian a été si abruptement remercié ou plutôt, pour qui. Il s'agit d'une oeuvre du célèbre l'artiste-poète algérien Mustapha Benfodil(également journaliste pour El Watan), intitulée Ecritures Sauvages. Elle implique une parodie d'un match de football avec 23 mannequins sans tête. Une équipe porte des t-shirts imprimés de textes de l'artiste et l'autre, des matériaux extraits de la culture pop algérienne. Les textes ne sont pas "très polis", dit l'artiste et c'est notamment un monologue, "le soliloque de Sherifa", racontant à la première personne le viol d'une jeune femme par un gang de fanatiques Djihadistes, qui aurait choqué.
"Si les mots sont choquants, poursuit Benfodil, "c’est parce que le viol est atroce, et ce n’est malheureusement pas une fiction, ce que ce texte raconte. Et s’il est interprété comme étant une charge contre l’islam, qu’on me permette de préciser que dans les mots de Chérifa, c’est à un dieu phallocratique, barbare et fondamentalement liberticide qu’il est fait référence. En définitive, c’est le dieu des « Groupes islamiques armés » (GIA), cette secte de sinistre mémoire qui a violé, violenté, massacré, des dizaines de milliers de Chérifa au nom d’un paradigme révolutionnaire pathologique supposément inspiré de la Vulgate mahométane. Sans vouloir me justifier, je dois simplement souligner que mon Allah à moi n’a rien à voir avec les divinités dévastatrices dont se réclament les mouvements millénaristes algériens, ces légions de « Barbes Arides » qui ont décimé mon peuple avec la complicité active de nos appareils de sécurité".
A la suite de la révocation de Persekian, d'autres oeuvres ont aussi été déclarées offensantes et ont été plus ou moins rendues invisibles. A la suite des commissaires de cette Biennale, Suzanne Cotter, Rasha Salti et Haig Aivazian, le monde de l'art s'inquiète du "tournant" pris par ceux qui occupent des positions de pouvoir dans l'émirat, notamment en ce qui concerne la liberté d'expression artistique et intellectuelle. Si des garanties n'étaient pas données dans un proche avenir, les signataires de la pétition en faveur de Persekian proposent de boycotter les futures Biennales de Sharjah et les activités culturelles de l'émirat.

Actualité/ Caroline H fait parvenir les liens suivants:
http://www.artinfo.com/news/story/37461/censored-algerian-artist-mustapha-benfodil-on-his-part-in-the-sharjah-biennial-controversy/
http://www.vimeo.com/22130392
http://www.e-flux.com/shows/view/9452

http://www.editionsbarzakh.dz/catalogue.pdf
published Mustapha Benfodil's "Archeologie du chaos (amoureux)" --- [A GREAT READ! BUT ONLY IN FRENCH SO FAR !!! ]

Clandestinopolis
http://www.amazon.fr/Clandestinopolis-Mustapha-Benfodil/dp/274981054X/ref=sr_1_fkmr0_1?ie=UTF8&qid=1302774896&sr=8-1-fkmr0

Mustapha Laribi's account and background about the writer (with bibliography):
http://www.algeriades.com/news/previews/article2035.htm

I saw this play in Marseille in May :
De mon hublot utérin je te salue humanité et te dis blablabla
http://www.algeriades.com/news/previews/article2017.htm

His day job is as journalist for Algerian newspaper El Watan [ www.elwatan.com ]
http://dna-algerie.com/medias/1097-le-journaliste-mustapha-benfodil-du-quotidien-el-watan-arrete-par-la-police.html



0 commentaires: