En fait, la bataille juridico-fiscale a commencé en 2008, alors que la galerie londonienne Haunch of Venison avait importé en 2006, depuis les Etats-Unis, les éléments de six installations vidéo de Viola et tenté d'importer une installation de tubes fluorescents de Flavin. Déclarés en tant que sculpture, ces travaux n'étaient redevables que d'une TVA de 5%. Mais les douanes avaient rejeté cette déclaration, pour qu'enfin une décision juridique en 2008 donne raison à la galerie.
Dernier coup de théâtre : la commission européenne a jugé que l'oeuvre de Flavin " possède les caractèristiques d'une installation électrique... et doit donc être classée... comme une installation murale électrique ". De même pour Viola, "ce n'est pas l'installation qui fait l'oeuvre d'art mais le résultat d'opération (un effet lumineux) qu'elle produit. En d'autres termes, ce n'est rien d'autre qu'un banal projecteur.
L''Art Newspaper donne la parole à l'ex-juriste de Haunch, Pierre Valentin. Celui-ci remarque : "suggérer, par exemple, qu'une oeuvre de Flavin n'est une oeuvre d'art que lorsqu'elle est allumée, est du plus franc comique" ...On se souvient, évidemment, de "Brancusi contre Etats-Unis" en 1928 où, comme l'a raconté Margit Rowell notamment, fut portée devant la Cour, la question de savoir si "le bronze, désigné... du terme français "Oiseau" (...), est ou n'est pas une sculpture ou statue originale produite par un sculpteur, dans le sens où l'entend l'article 1704 du Tariff Act de 1922". (Extrait du procès). L'enjeu du procès était celui de la libre circulation des oeuvres et le litige portait sur la définition d'une œuvre d'art - et de l'art en général.
2 commentaires:
C'est inimaginable ! LA bêtise gagnera t elle toujours ?
lola
même histoire, il y a un certain temps, entre USA et Canada, avec les Brillo boxes de Warhol.
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