Wednesday, January 12, 2011

Janette Laverrière (1909–2011)







La table basse Nénuphar Noir, 2004 de Janette Laverrière et son portrait en 2008.
Chez Janette Laverrière en 2008 : "À Gustave Courbet", 2001: objet-miroir (photo: Giovanna Silva) et "La Commune – Homage à Louise Michel", 2001, (Courtesy: Thomas Gallery Ltd., New York ) . Vue de la Biennale de Berlin.


Toute à son jetlag, LBV n'a pas fait part de la mort de la designer d'origine Suisse Janette Laverrière, juste après son 101è anniversaire, le 1er janvier 2011.
Celle-ci étudia à Bâle (Allgemeine Gewerbeschule) et y apprit le dessin et la décoration. Rompue aux théories du Bauhaus grâce à son père architecte, chez qui elle fait son apprentissage, elle part à Paris pour y faire y des meubles abordables mais rejoint en 1931 l'agence de Jacques-Émile Ruhlmann à Paris, qui la scandalise par "son avalanche de luxe et par le caractère ampoulé" de ses productions (in Le Figaro, 2007). Elle épouse Maurice Pré, avec lequel elle collabore sur des meubles modernes et concourent par des projets comme "Home Idéal" jusqu'à leur séparation en 1945, date à partir de laquelle Janette Laverrière produit de façon autonome.
En 1944, elle crée au sein du Front National des décorateurs, puis de l'Union des artistes décorateurs et créateurs d’ensemble et en 1945 elle devient membre du Parti Communiste (puis du groupe des Artistes pour la Paix), refusant de participer au comité d'épuration de la société des décorateurs. Dans sa production, des meubles en fer et en alu, des "cuisine-combinée" en formica coloré pour le Salon des arts Ménagers, des "fauteuil confortable" (1955) beaucoup d'appartement privés, où elle tente des combinaisons, qui répondent de façon pratique et agréable à l'exiguïté des logements modernes. Les sièges l'intéressent particulièrement et font l'objet de nombreuses études et projets. Elle devient prof à Camondo, reçoit la commande du palais de Niamey au Niger (1963), ouvre à partir de 1971 la galerie la Lampe dans l'Horloge (titre emprunté à Breton)... Le centenaire de Cocteau lui donnera de nouvelles idées d'objets non utilitaires, c'est à dire, pour elle, utiles (cf ses "miroirs")
Dans une interview donnée à Vivian Rehberg ((http://www.frieze.com/issue/article/use_value), Laverrière s'est longuement exprimée sur le sexisme qui régnait dans le domaine des objets et de la décoration, pourtant un domaine historiquement lié au féminin.
Janette Laverrière a été portée sour les feux de l'art contemporain, lors de la Biennale de Berlin 2008 (avec les commissaires Elena Filipovic et Adam Szymczyk) où elle a proposé, au sein du Pavillon de Schinkel, un partenariat avec l'artiste Nairy Baghramian (née en 1971) sa première collaboration avec une femme artiste. La Lampe dans l'Horloge, 2008. Elle a eu ensuite une exposition personnelle à la Kunsthalle de Baden-Baden.
L'ina, à l'occasion de elles@centrepompidou a réalisé un petit portrait de Laverrière, que devrait compléter une interview d'Hans Ulrich Obrist.
http://www.ina.fr/video/CPD09004502/portraits-de-femmes-artistes-janette-laverriere.fr.html
En Mars avril prochain ses miroirs seront exposés par la galerie Schirman de Beaucé.
http://www.schirman-debeauce.com/index.php?id=388&L=0

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