
"SCULPTURES THAT RESPOND TO THE VIEWER"A large white dome moves slowly towards you. Touch it, and it mysteriously reverses its direction . This sculpture, Robert Breer's Osaka I, is six feet high and six feet in diameter. It is propelled by a motor which has a forward speed of eleven inches per minute. The sculpture automatically reverses direction when it makes contact with another object. (From Directions in Kinetic Art. by Guy Brett).
La balade des Floats, descendant un chemin de champagne. Illustration dans le catalogue,"Floats" à la galerie Bonino, New York, 1969. Photo: Frances BreerLes catégories artistiques n’ont jamais fait qu’exploser. L’exposition du Nouveau Réalisme au musée Reina Sofia, par exemple, en montre magistralement l’embourbant brouillage Plus modestement, celle qu’offre Robert Breer chez gb agency à Paris embrouille un peu plus les cartes, puisque l’artiste-ingénieur-cinéaste d'animation (né en 1926) faisait partie de la galerie Denise René, à Paris, où il participa à la fameuse exposition du « Mouvement » en 1955, lorsqu’il enjamba le « cinétisme » pour partir vers le procès(sus), le contingent, le flottant, glisser vers l'effeuillage de la forme cinématographique (ses fameux « flip-books) et vers le cinéma expérimental. A Madrid, dans l’expo sus-citée, on voit d’ailleurs que c’est lui qui filma Homage to Jean Tinguely’s Homage to New York, 1960. Il était ami de Pontus Hulten, de Tinguely et Billy Klüver comme de de Kenneth Anger, de Brackage et de Kudelka, comme il l’avait été de Kiki de Montparnasse et de Hans-Jean Arp.
Parallèlement à l’exposition solo de Robert Breer au CAPC de Bordeaux, qui vient d’ouvrir, sa proposition, certes plus modeste, chez gb agency décline, non sans humour, le saut à l’élastique de Robert Breer comme une sortie hors du néo-plasticisme, pratiqué à l’époque dans la peinture abstraite européenne et considéré par l’artiste comme trop-absolu-et-ennuyeux.
L' "hérésie" de Breer consista à suspendre le mouvement, ou plutôt à le prolonger indéfiniment, image par image: avec ses films où la ligne et la forme se coursent sur des surfaces entières activées par leur vacillement permanent, aboutissant aux iconiques Form Phases (1954-1956) ; avec ses floats (sculptures en polystyrène motorisées au déplacement impalpable et à la trajectoire aléatoire, notamment présentées au Pavillon Pepsi de la foire d’Osaka, 1970) ; avec ses mutoscopes, « hybrides entre flip books et caméras primitives » et ses inventions de plus en plus folles- dont gb agency présente d’ailleurs quelques propositions, comme changer toutes les 5 minutes le nom des rues (à Miami), par exemple..
Faisant le grand écart, également, la galerie présente un Mural Flip Book de 1964, tableau déjà devenu autre chose, une succession de formes identiques qui ne renvoient qu'à leur devenir image, placé sous trois Clouds de 2010, nuages de polystyrène se déplaçant très très lentement au plafond. C'est une nuée d'air frais dans la galerie.
gb agency, 18 rue des 4 fils, www.gbagency.fr
(cf également "Everything Goes, an interview with Robert Breer" by Michelle Kuo, artforum, nov 2010)

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