


#8 x 8' Fourfold 2010. 2 x 4 tubes de 244 cm. Vues d'expositionRobert Irwin, Way out West, Galerie Xippas, 108 rue Vieille du Temple. 75003 Paris.
Après sa magnifique prestation au séminaire "Something.... ", Robert Irwin a inauguré une éblouissante exposition intitulée Way Out West à la galerie Xippas, qui semble devoir heureusement perdurer jusqu'au 15 janvier?. Il s'agit de lumière et d'émerveillement.
http://www.xippas.com/fr/expositions/expositions/detail_146
Ou mieux, des relations entre lumière, couleur, espace telles que l'artiste peut les prodiguer, les donner, les retenir. Tout au long des murs de la galerie sont installées des ensembles de tubes colorés et lumineux. Qui n'ont rien à voir avec ceux de Flavin, par exemple, jouant dans un autre camp, minimal. Ici, les tubes ont été travaillés, (et peaufinés pendant de nombreuses années) de façon à ce que les couleurs se modifient dans l'espace en déclinant, non une identité unique mais une multiplicité d'effets, produits par les passages entre les tons en fonction de leur température et leur densité lumineuse. Concrètement, ça se traduit par une expérience démultipliée de ces oeuvres, comme on le voit pour (cf. plus haut) selon qu'on allume, éteigne ou alterne l'allumage et l'extinction de certains ou d'autres.
Pour un artiste lié au mouvement Light and Space ce n'est pas rien que ce retour, distancié et amoureux à la fois, de l'enfant prodigue passé par tous les stades de l'expérimentation d'un "non-savoir" du monde. Par exemple en 1968, avec le programme Art and Technology comme le raconte Lawrence Wechsler dans sa "Vie " de Bob Irwin intitulée Seeing is Forgetting the Name of the Thing One Sees (1982, republiée en 2008), le mariage virtuel de l'artiste, accompagné de James Turrell et du médecin aérospatial Ed Wortz, directeur des essais de vols spatiaux habités, avait consisté à expérimenter les conditions d'une perception altérée de l'environnement- jusqu'à ce que Turrell sorte brusquement du jeu. Irwin poursuivit, sans doute parce qu'il savait qu'être artiste, au contraire de l'ingénieur, c'était: ... "peindre par dessus ses erreurs. Six mois plus tard, quand on lui demande pourquoi il s'est arrêté là. Parce que ça me semblait juste! -Et sa réponse peut ne pas sembler logique mais (...) elle est raisonnable (...) la différence critique est que l'artiste mesure par intuition, à partir de son sentiment. En d'autres termes il s'utilise comme mesure".... Pour en savoir plus :
http://www.artbabble.org/video/lacma/robert-irwin-and-michael-govan-lacma
http://www.artbabble.org/video/getty-museum/conversation-robert-irwin-and-lawrence-weschler
Wechsler, et d'ailleurs Irwin, aussi, racontent bien volontiers comment l'artiste a gagné sa vie pendant plus d'une vingtaine d'années non en exposant pour le monde de l'art mais en pariant sur des chevaux (danser, jouer aux courses, furent ses activités lucratives), ce qui donne une toute autre saveur à sa position d'enseignant, notamment auprès de Maria Nordmann, Larry Bell, Ed Ruscha ou Vija Celmins, entre autres (et Bob Irwin a changé la vie de nombre d'artistes). Et c'est évidemment quelqu'un qui n'a jamais cessé de penser aux potentialités de l'art, ne serait-ce que dans les petites expériences répétées de la vie quotidienne, lorsqu'en "se levant le matin, on change sa chaise de place, pour recevoir le reflet du soleil en prenant son petit déjeuner". Rien qu'à écrire cette phrase, on vérifie, que, pour lui, ce n'est pas la révolution qui vous transforme, c'est la transformation qui vous révolutionne. ..



So Cal Swing 2010. 27 tubes de 183 cm. Vues d'exposition
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