Photo Blaise Parmentier
Un panneau (donneur d'échelle) un muret blanc, quelques mètres et... on est déjà sorti de l'allée Louise Labé, dans le XIXè arrondissement de Paris.
Illustre et légendaire poétesse française, Louise Labé, née à Lyon (1520/1525-1566) aurait appris le latin, l'italien, des rudiments de grec, la musique (" La dame au luth "), l'équitation et les arts des armes traditionnellement réservés aux hommes. Au mépris des condamnations religieuses de l'époque, elle se serait habillée en homme pour monter à cheval et participer aux joutes. En 1555 par privilège accordé par le Roi, Euvres de Loüize Labé Lionnoise fut publié de son vivant.
Le recueil, dédié à Clémence de Bourges, contient un texte en prose : " le Débat de folie et d'amour ", trois élégies, vingt-quatre sonnets et fut réédité 3 fois au cours de l'année 1556. Rien d'autre, pas un mot de plus. On ne connait d'elle que ce petit livre de 23 pages ainsi qu'un portrait par Pierre Woeriot. Outre ses vers magnifiques, le recueil témoigne de ses revendications pour les femmes d'une autonomie de pensée, que seule l'éducation rendra possible et de la liberté du désir (de la passion) et de la parole amoureuse ("Baise m'encor, rebaise moy et baise/Donne m'en un de tes plus savoureus/Donne m'en un de tes plus amoureus/Je t'en rendray quatre plus chaus que braise"...). Louise Labé, qui, depuis la Révolution française, a fait l'objet de moult exégèses ("créature de papier"), a donné son nom à des lycées, au centre universitaire lyonnais de recherches sur le genre .. et à une toute petite allée.
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4 commentaires:
Pourquoi calculer l'importance ou la dignité d'un artiste a à la longueur de la rue ou à la taille de la place qui leur est consacrée ? C'est déjà pas mal que quelqu'u se souvienne de leur eistence.
c'est évident mais que ferait alors lbv ?
Un peu d'optimisme: la rue Louise Labé est en fait plus complexe et paradoxale que cela - tout comme la poëtesse elle-même. L'allée Louise Labé semble être une voie semi-publique, semi-privée: elle aboutit plus bas, rue Rébeval, où elle se confond avec une entrée d'immeuble, sans paraître vraiment accessible au passant. Qui plus est, elle change de graphie pour s'appeler à ce niveau Allée Louise Labbé. On est tout près, d'ailleurs, d'une Allée Diane de Poitiers qui elle aussi serpente entre les immeubles...
C'est bizarre : "créature de papier" me renvoie à l'ouvrage de Mireille Huchon : Louise Labé, une créature de papier (2006), qui suggère très fortement, c'est le moins qu'on puisse dire, que L.L. n'est en rien l'auteur(e) de l'œuvre qu'on lui prête, qui serait plutôt due à un groupe de poètes masculins.
Mais il ne faut surtout pas que cela interdise de baptiser de son nom des morceaux de voierie...
Gérard Durozoi, très tardivement (15/XI/2011)
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