Le grand prix du reportage de la presse quotidienne a été remis à Christophe Ayad pour son article de 2009 (Libération) sur les zèbres peints du zoo de Gaza. C'est bien.
Deux ans plus tôt, à la 12è Documenta de Kassel, en 2007, l'artiste autrichien Peter Friedl avait fait venir une girafe empaillée depuis le zoo de Kalkilya. "Brownie", c'était son nom, était morte lors d'une offensive israélienne contre le Hamas, non sous les balles mais d'une crise cardiaque après s'être s'empalée sur un grillage. L'idée de Peter Friedl n'était pas de présenter l'animal empaillé comme témoin à charge, mais pour ajouter une expérience esthétique aux flux d'images dans la bande passante des médias. "Si vous faites l'erreur d'entrer en compétition avec les médias en entrant dans un style documentaire, vous avez perdu, disait-il alors . Ce qui m'intéressait, c'était la question : que va-t-il se passer si j'apporte la vraie girafe avec moi?" La presse en avait parlé, alors.
Il ne s'agit pas ici-- ou pas seulement de rétablir-- ou d'établir la succession historique de deux intérêts convergents pour les zoos de la bande de Gaza. Mais d'ouvrir d'autres questions peut-être. D'ailleurs, peut-être cette séquence ne serait-elle pas complète si l'on n'agitait pas ici l'intérêt actuel pour l'animalité, les animaux, les vitrines animalières...
Tuesday, May 11, 2010
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