Photo @André Morin
Honte, shame à la presse et aux curatrices (teurs) qui, même par curiosité, n'ont pas daigné se déplacer à Dijon. L'exposition de Lynda Benglis est géante dans les modestes dimensions du lieu d'exposition et déplace considérablement les lignes de l'histoire de l'art récent(e)- même si les célèbres vidéos et l'infâmeuse photo* de l'artiste, nue, huilée, lunettée, affublée d'un double mégagode (1974) n'y sont pas montrées.(*cf. à ce sujet l'article de Richard Meyer, Bone of Contention).
Plis, replis, remugles, noeuds, "losanges" de cire....
LBV a écrit un long texte pour le livre-catalogue aux Presses du Réel et n'évoquera donc ici que deux ou trois choses qui lui sont venues in situ, dans la taille des oeuvres, qui voisine à chaque fois l'échelle humaine.
- d'abord, dire que ni Jeff Koons, ni Franck Gehry n'existeraient sans elle. Présomptueuse? Pas tant que ça quand on sait, pour le second, que Benglis enseigna à CalArts au tout début des 70's et participa à des tables-rondes en compagnie de l'architecte californien, où celui-ci manifestement a beaucoup (ap)pris des oeuvres existantes de l'artiste. Quant à Jeff Koons, il suffit de regarder (remplacer par Matthew Barney, Kiki Smith ou Franz West ou d'autres noms à votre convenance).
Mais on pourrait dire de même pour Jack Goldstein, pour Robert Longo, amateurs de cataclysmes.
Détails d'un Ghost Shadow, de 3 Graces, de Chiron, 1979 (ci dessous photo : @André Morin)
-Ensuite remarquer à quel point Lynda Benglis emporte le dogme moderniste de la "vérité des matériaux" vers une expérience, non de la réduction mais de l'excès et de l'illusion. D'abord, parce qu'aucune des pièces ne définit la peinture ni la sculpture et ne peut se définir comme telle, non plus. La sculpture s'accroche au mur, la peinture a glissé par terre. Les paillettes, le glitter, le day-glo, le fluo, les couleurs étranges des mousses de polyuréthane balancent par leur artificialité le naturalisme de science-fiction qu'on pourrait prêter aux formes. Et puis, les opérations que ces matériaux ont permis et qu'ils ont à la fois testé, subi ou supporté (parfois, au dépens de leur survie dans le temps) ne renvoient jamais à une intériorité cachée : oeuvres-flaques, oeuvres-noeuds, oeuvres-plis et replis, oeuvres-bâtons, oeuvres-hérissons, gros machins qui sortent du mur et bâtons minces qui s'y appliquent... explosent généreusement à la gueule, comme autant de provocations.
Quelque chose dont Benglis n'a jamais peur, c'est de flirter avec le dégoûtant, y compris dans l'espace public : ainsi Double Fountain, une fontaine moulée en bronze et en porte-à-faux, installée on l'espère pour longtemps au Jardin Botanique de Dijon. Décidément, Benglis déplace les lignes (jusqu'au 20 juin-- après, l'exposition qui s'est déjà déplacée à Eindhoven et Dublin, partira à Rhode Island puis au New Museum de NY


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