Thursday, April 22, 2010

"Liste noire" et tête de bois (le cas Marlene Dumas)

Se déroulent en ce moment les auditions préliminaires dans les poursuites engagées devant une Cour de justice fédérale aux USA, par un collectionneur de Miami, Craig Robins, contre le galeriste newyorkais David Zwirner et concernant l'existence d'une supposée "liste noire" barrant à certains clients l'accès aux peintures de Marlene Dumas.
Rien à voir avec les sinistres affaires de "blacklisted"sous le McCarthysme. 
Cependant, Robins réclame huit millions de dollars en dommages et intérêts et les détails de cette affaire, comme dit le NYTimes, "produisent une vision peu commune d'un monde très privé où l'on vend de l'art très cher, agi par des règles, des responsabilités, des récompenses et des refus, qui peuvent être si complexes et si changeantes que même des vétérans du monde de l'art disent qu'ils doivent parfois se lever très tôt pour les décoder"
Craig Robins affirme qu'il a (re)vendu une peinture de Marlene Dumas en 2004 par le biais de la galerie David Zwirner, qui ne représentait pas encore l'artiste, avec une clause de confidentialité. La galerie en aurait informé l'artiste, qui n'en a pas été contente- ce que Zwirner nie. Robins, qui possède 29 oeuvres de l'artiste, dit que Marlene Dumas tient un registre banissant ceux ou celles de ses collectionneurs qui remettent ses tableaux sur le marché, ce qu'elle considère comme de la spéculation sur son travail. 
Or Marlene Dumas est actuellement exposée chez Zwirner et Robins affirme qu'il n'a pas pu acheter.

"Le fortuné Robins a littéralement transformé le fait qu'il ne peut pas acheter ce qu'il veut quand il veut en une affaire d'Etat", dit l'avocat de cette galerie.  
L'arrivée comme témoin de Jack Tilton, ancien marchand newyorkais (celui de Marlene Dumas avant 2008) qui souffre aujourd'hui d'une maladie de Parkinson a ajouté un peu de piment supplémentaire. Car Tilton, convoqué par les avocats de Robins mais qui dit témoigner de son plein gré, a balancé à la fois Marlene Dumas et le manager de l'atelier, les autres galeries qui auraient été au courant d'une liste de gens auxquels il n'était pas bon de vendre ainsi que les noms de quelques acheteurs potentiels bannis, comme Richard Cooper, Daniel Holtz Marc Jancou ou Frank Demaegd. 
Le plus comique, sans doute, c'est que dans la "liste noire" circulant ca 2004 ... le nom de David Zwirner figurait et que c'est Tilton qui l'y aurait mis.

http://www.nytimes.com/2010/04/17/arts/design/17blacklisting.html
http://www.theartnewspaper.com/articles/Second-art-dealer-dragged-into-dispute-between-high-profile-collector-and-leading-New-York-gallery/20651
http://www.artnet.com/magazineus/features/finch/jack-tilton4-21-10.asp

1 commentaires:

Emma said...

*sourire* - ça pourrait en devenir fable, non?