Monday, January 25, 2010

Comme un lundi: Gayatri Chakravorty Spivak à la librairie du Merle Mocqueur


Lundi après-midi, en conversation avec Etienne Balibar,  pour parler de la traduction française de
Les subalternes peuvent-elles parler ? aux Editions Amsterdam et la sortie d' En d'autres mondes, en d'autres mots aux Editions Payot, la formidable Gayatri Chakravorty Spivak, encore trop peu connue en France, a parlé de " l'effort d'apprendre de ce qui est singulier et invérifiable".

2 commentaires:

Barbara Thill said...

Ne connaissant que très peu Gayatri Spivak, c'est davantage le nom (et le renom) d'Étienne Balibar qui m'a attirée à cette rencontre. Et je ne fus pas déçue ; d'abord par M. Balibar mais ensuite, et surtout par Mme Spivak ; dans un mélange d'anglais et de français, avec un accent charmant, elle a su être claire et sa parole a résonné. Quelqu'un de terrain, d'expérience, d'observation et de réflexion. Et de justesse.

"Western intelectual born in India" : telle est la définition d'elle-même par elle -même, elle ne se dit pas philosophe mais intellectuelle; elle est revenue sur sa célèbre phrase, "née de son ignorance" de la situation : "White man saving the brown woman from the brown man" (white n'étant pas ici une couleur mais une orientation politique). Si on construit une phrase, on est capable d'affronter un problème.

Et les problèmes, et les questions qu'elle pose sont nombreux: comment faire pour résister à l'anéantissement culturel sans pour autant céder à la domination masculine? Comment trouver sa voie quand on doit résister non pas à une mais à plusieurs oppressions? La femme, surtout celle du Tiers Monde, est constamment l'objet d'une double pression (double travail) : production et reproduction.

Le féminisme n'est-il pas toujours le prisonnier de la philosophie des hommes?

Gayatri Spivak : à lire, à réfléchir, à connaître. Une grande Femme, une grande intellectuelle.

Anonymous said...

Bonjour,
Et vous avez eu l'occasion de lire le bouquin? Qu'avez-vous pensé de la traduction? J'attendais l'oppportunité de lire Mme Spivak en français, puisque je ne parle pas anglais, mais je trouve le texte tellement confus que je me doute d'une possible mauvaise traduction...