Wednesday, September 30, 2009
Musées et maisons de ventes, une "passade"...
Ceci ne fait que confirmer cela. Tout le monde s'est répandu lorsque l'ancienne chef conservatrice du Guggenheim, Lisa Dennison est devenue pédégère de Sotheby's à New York. Mais ici, c'est exactement la même chose. L'an dernier, d'ailleurs, Serge Lemoine, professeur des universités et ancien directeur du Musée D'Orsay, avait rejoint Artcurial, devenue une maison de vente.Et Guillaume Cerruti, ex inspecteur des Finances passé pour un temps âme damnée d'Aillagon, qu'il fût Ministre de la Culture ou président du Centre Pompidou (Cerruti y était directeur général, "sous" Aillagon), n'est-il pas désormais le président directeur général de Sotheby's France, la même maison qui recevait donc, hier soir, un conservateur à Pompidou...
Tuesday, September 22, 2009
Les lions de casse et autres vues d'Anita Molinero
Anita Molinero, galerie Alain Gutharc, 7 rue Saint Claude, 75003.www.alaingutharc.com
Il faut aller voir l’exposition d’Anita Molinero, à la fois pour la grande intelligence de son accrochage (qui se contredit, en quelque sorte, à chaque station et qui vous boute de place en place comme une boule de flipper) et pour la puissance entêtante de son travail. On pourrait parler ici de force, car l’artiste est plus ou moins associée au mot depuis que celle-ci a tordu, au printemps dernier, l’image conventionnelle et pépère de " la Force de l’art", pour lui offrir une représentation bien plus puissante—les magazines, la critique d’ailleurs ne s’y sont point trompés en reproduisant à l'infini la pièce qu'elle y présentait (y compris ce blog, n'est il pas?). Dans sa traînée, le mot de force, ainsi, entache la vision de l’exposition en solo d’Anita Molinero : il qualifie un travail de sculpture expressionniste, maniériste et explosif à la fois dans les circonvolutions de ses couleurs et les matières. Les arguments de ce travail, elle les trouve dans les morgues de l’industrie : des emballages aux conteneurs, de la décharge aux cimetières de voitures. Les matériaux sont maltraités esthétiquement, voire torturés comme ces feux de voiture exorbités qui vous affrontent verticalement, du haut de la grille métallique rouillés auxquels ils sont accrochés.
Voiture… Le mot est également lâché, du pneu (la "chambre à air", le souffle) associé à des plots jaune citron, de cette première sculpture dans la galerie -- un « shifter » vers le nouveau travail-- à ces feux rouges passés au four à céramique, devenus des sortes de fossiles pierreux. L’art d’Anita Molinero se frotte aux modèles de la modernité tardive, du Nouveau Réalisme à John Chamberlain, ceux qui créèrent en même temps que se développait le culte de l’automobile, deux pratiques où se mettait en scène une virilité mécanique, à la fois sophistiquée et brutale (Crash), Mais voilà, Anita Molinero déboule aux temps de la « prime à la casse » ! Il ne s’agit plus de recyclage, ni de dignité artistique donnés à des objets du quotidien et de la ville. C’est peut-être plutôt la sculpture qui a besoin de dignité. C’est peut-être sur sa tradition qu’il convient de s’interroger, pour rendre à Hélène Bertaux, à Sarah Bernardt, à Renée Sintenis, et tant d’autres - qui toutes, s'interrogeaient précisément sur "la force"-- leur place dans cette histoire qui n’attend que d’être remaniée...
Dans le texte communiqué sur l’artiste par la galerie, mention est faite de Steven Parrino, de ce qu’il fit subir à la peinture monochrome-- la peinture à la limite-- par « un répertoire de formes défaites, d’images défuntes, d’oripeaux en lambeaux ». Cette approche destructive qui prolonge la vie d'un medium épuisé, on croit en effet qu’Anita Molinero la partage.
En voyant d'autres « petits sujets » composés de les queues de rats passés à l’acrylique ( qui les hérisse, les salit), associés à des tiges rouillés et aux viscères industrielles, que propose également Anita Molinero dans cette exposition, on se demande aussi s’il ne faut pas repenser ici, tout de suite, a relation entre l’animal humain et la machine : qu’est-ce que cette sculpture au sein des agencements que développe depuis les années 1980 la théoricienne cyber Donna Haraway ?Voilà de quoi nourrir nos impressions.
Bibliographie : Donna Haraway, des singes, des cyborgs et des femmes, Jacqueline Chambon.
Saturday, September 19, 2009
Nouvelles Mochetés (23): Place Léon Blum à Paris
Cannes? Nice? Miami Vice? Que nenni! C'est la Place Léon Blum à Paris (Mairie du XIè), dont le centre a été, il y a déjà quelques années, bien dégagé derrière les oreilles afin de former cette place dans la place: un rond point vide sur lequel personne ne peut monter, surtout pas les piétons qui n'y ont point accès. L'inaccessible rond-point a été récemment garni de six palmiers dans leur jardinière immaculée. D'après le prospectus de communication locale (rubrique : "insolite") l'opération est renouvelée puisque l'implantation pamière avait déjà eu lieu l'an dernier. En tout cas, voici.
L'effet visuel est assez ridicule et on souhaite bons voeux aux pauvres arbres, qui ne bénéficieront certainement pas de toutes leurs chances dans cet environnement parisien et son micro-climat. D'autant que les "décorations florales estivales" ont l'air d'être dans le vent à Paris. Un blog (http://pariscotejardin.blogspot.com/) mentionne une floraison d'initiatives, concours et récompenses depuis le Square Saint Lambert (XVè) jusqu'à la Butte du Chapeau Rouge (XIXè). Truffaut a même lancé une séance de green speed dating pour accointance entre pots et plantes...
Wednesday, September 16, 2009
Les petits portraits de Marguerite
Il s'agit, explique Carole Blumenfeld ("espoir de la conservation" selon Pierre Rosenberg, qui introduit le catalogue) d'exposer ici une "position stratégique au coeur de la scène parisienne" à l'aube de la révolution. Celle d'une élève et collaboratrice de Jean-Honoré Fragonard (avec lequel elle produit, entre autres, Le Chat Angora, parmi leurs beaux tableaux communs). Marguerite Gérard, en effet, va choisir un format, 21x16cm (même pas celui d'une feuille de papier ) et un genre, le petit portrait privé, comme carte de visite artistique. La notion de stratégie esthétique comme choix de visibilité artistique vient ici corroborer ce que nous avons tenté d'étudier avec Catherine Gonnard dans notre histoire des artistes femmes en France, histoire que nous abordons un siècle plus tard.
Fin XVIIIè, le portrait connait alors un boom, y compris en miniatures, faites pour être portés et non exposées. En même temps, avant 1789, se développent les profils exécutés avec le procédé du physionotrace. Alors que Fragonard fait ses Figures de Fantaisie, Marguerite Gérard choisit ses propres formes de représentation : des figures, souvent assises, qui regardent vers le spectateur. Munies chacune de leur instrument de prédilection, elles représentent des peintres, Hubert Robert, des architectes, Ledoux ou Charles de Wailly (l'archi de l'Odéon), des musiciens, Grétry, deux musiciennes, des actrices et des personnes en attente d'identification. Soit la "la scène" artistique à Paris, entre Louvre et Palais Royal, dans leur version intime, non officielle. Carole Blumenfeld compare les portraits de Marguerite Gérard aux Portraits de Société d'Andy Warhol. Elle n'a pas tort, non seulement sur la parenté du choix d'un format unique, mais pour la volonté, égale chez les deux artistes, d'illustrer un "réseau de sociabilité" où les artistes ont une place mais où s'inscrivent également ceux ou celles qui les fréquentent et sans doute qui les subventionnent, et où l'auteure elle même a sa place.
Wednesday, September 09, 2009
Relier les histoires de Caster Semeya et d'Eudy Simelane, victime d'un meurtre homophobe.
| Castigated and celebrated | |||||||
| Published:Aug 29, 2009 | |||||||
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Had the acceptance by South Africans of athlete Caster Semenya’s difference been extended to murdered footballer Eudy Simelane she may have still been alive today, writes Mark Gevisser Two highly accomplished, young, black, female South African athletes are currently in the news. One came home to a hero’s welcome and got to meet the president. The other is dead, her alleged assailants in a Delmas court this week on trial for her rape and murder. Blessed with masculine looks and physiques, both women chose the sportsfield over more feminine pursuits. Both experienced ostracism because they challenged stereotypes and both appear to have dealt with this by devoting themselves to their codes. Caster Semenya, 18, won the 800m at the world athletics championships last week; Eudy Simelane had been a member of Banyana Banyana, the women’s national football team, and was training to be a professional referee when she was murdered in KwaThema aged 29 last year. Both women appear to have been punished — one in the most severe way possible — for their difference and their excellence. Semenya has been dealt the humiliation of having her gold medal withheld until she proves she is a woman. And although the prosecutor failed to establish a connection between Simelane’s sexual orientation and her murder, her friends are convinced she was the victim of an epidemic of violence against lesbians, who are subjected to what is sometimes called “corrective rape” by men seeking to punish or cure them; or who feel that butch women are competing with them by straying into their territory. According to Phumi Mtetwa, director of the Lesbian and Gay Equality Project, at least 20 women have been killed, in ways similar to Simelane, over the past five years. In the shadow of such violence, what are we to make of the extraordinary surge of emotion and patriotism in support of Semenya? Much of it seems driven by grievance, by the sense that South Africans have been denied a rightful reward. There was conscious reference, by parliamentarians, to Saartjie Baartman, and perhaps the national anger at Semenya’s humiliation arises out of what we might call our Bartman Complex, a particularly South African anxiety, that we will gain notoriety for our alleged abnormality rather than celebrity for our excellence. Or, worse yet, that we will be revealed as Mugabes rather than Madibas; that the world will take away our gold medal and label us freakish instead. But the upside to this anger is the acknowledgement that we strive towards a society based on something different than the repressive notions of gender roles inherited from colonial law-makers and patriarchal African society. Welcoming Semenya home this week, Jacob Zuma gave eloquent voice to this: not only had the athlete “showcased women’s achievement, power and strength’’, but she had “reminded the world of the importance of the rights to human dignity and privacy’’. And so there is a way that the current adulation of Semenya — even if it is fuelled in part by jingoism and wounded pride — vindicates the memory of Simelane, and other young women who have been victimised because they are too butch for comfort. This is not to suggest, for a moment, that Semenya herself is a lesbian, or a transsexual, or intersexed, or anything other than a shy and determined young woman who is a demon on the racetrack. Rather, it is to acknowledge the way our society’s response to the difference she represents — the language it uses to protect her — signifies a significant shift in social norms since the advent of democracy. Listen, for example, to Leonard Chuene, the blowhard South African athletics chief: “I am not going to let that girl be humiliated, because she has not committed (any) crime whatsoever. Her crime was to be born the way she is born,” he said to one journalist in Berlin. And to another: “Why must she be subjected to this? How you look and behave is a God-given thing. You do not have a say in that.” Leaving the nature/nurture debate aside (is how we behave a ‘God-given thing’?), Chuene’s comments acknowledge that Semenya’s gender identity is inherent and integral rather than perverse and pathological. And in acknowledging this, he is using (even if unwittingly) a template provided by the struggle for gay equality in South Africa. The winning argument, in this struggle, was that to discriminate against people because of gender identity or sexuality was to punish them for inherent qualities, and was tantamount to discriminating against them because of their race. But Zuma, who spoke out for Semenya’s rights to privacy and dignity was also quoted as saying in Zulu last year, that in his youth he would “knock out” any effeminate boy he saw before him. He subsequently apologised for any offence caused and claimed he had been mistranslated: what he meant, he said, was that “if you saw a boy who was effeminate, a sissy, he was beaten up because everyone had to learn to fight and be strong”. How, in a macho culture that accepts such behaviour as normative, does one entrench the values of dignity and privacy Zuma alluded to when he welcomed Semenya home this week? And is there more than a little expediency to her current adulation ? We are perfectly happy to have our women be butch so long as they bring home the medal, but when they actually attempt to live lives independent of men, they are often subject to the most extreme violation and abuse. Will Semenya’s voluble supporters stick with her if it is found that she has more testosterone than the International Association of Athletics Federations feels is normal? Or will they feel betrayed by her, and lash out at her deceit, or simply drop her? And given the explicitly paternalistic tone of their support — “that girl”; “our child” — is it predicated on her remaining shy and deferential off the field? Communities accept the stabane — the effeminate man — so long as “she” knows her place: in the hair-salon or in the kitchen. And there is a venerable tradition of tolerating or even celebrating gender-outliers so long as they remain within the confines of entertainment (drag queens) or sport (bull dykes). The tougher challenge is to apply the humanity on display across South Africa this week to all people who challenge conventional gender and sexuality conventions, no matter how uncomfortable this makes us. Wouldn’t it be great if Zuma or Julius Malema used Semenya’s celebrity to speak out against the violation of Simelane’s rights to privacy, dignity and life? | |||||||
Monday, September 07, 2009
Eric de Chassey à la Villa Medicis
Friday, September 04, 2009
Berlinade: Es gibt Perlen, die findet keine Sau


A Berlin, pour l'événement non-stop intitulé freaky, queer art conference workshop film program, auquel elle a adoré participer (ici: la deuxième table ronde avec Antke Engel, Catherine Lord, Kobena Mercer, Ines Doujak et Renate Lorenz), LBV a quand même pu s'abstraire, entre minuit et deux heures du matin-- lors de la nuit des musées dans la ville--- et se retrouver au Musée Schwules (gay et pas très lesbien quoique.. cf. le prospectus de la chanteuse Domino, ci-dessus).
Il y a en ce moment une étonnante exposition intitulée "Il y a des perles que les cochons ne trouvent pas". Ce n'est pas une exposition d'ailleurs, mais la réinstallation d'un appartement dans deux salles du deuxième étage de ce musée: un living-room, une chambre. Siegmar Piske, l'ancien occupant de cet appartement est mort en mars 2009 et il a fait une donation au musée gay, qui devait supposément séparer les curiosités homosexuelles du reste, ce reste étant livré aux enchères. Le musée a néanmoins décidé de tout exposer. Comment, en effet, demêler ce qui est gay de ce qui ne l'est pas, dans cette organisation, ce "display" de centaines de dessins, photos, albums, statues, médaillons, cartes postales, porcelaines, magazines, dvd, livres d'images, bibliothèque, cendriers, sacs en papier, stylos, souvenirs, verroterie, pochettes d'allumettes, timbres, articles de journaux ou pièces de monnaie? Comment séparer surfaces et supports, objets de collection et objets qui ne le sont pas, puisque c'est le display lui-même, qui apparait comme support d'une obsession érotique, celle du corps masculin?
Pour Boris von Brauchitsch, le curateur de cette reconstitution, il importe de montrer, peut-être pour la dernière fois, ce qui est destiné à être séparé ou jeté, et avec cet ensemble, d'apporter quelques lumières, tant que cela est possible, sur un moment de l'histoire homosexuelle en train de passer : " Pour la génération qui a eu à faire au "Paragraphe 175"(http://fr.wikipedia.org/wiki/Paragraphe_175), l'affection pour des tasses a café est plus caractéristique que l'amour des godes. Dans l'appartement de Siegmar Piske l'image d'une génération qui est en train de disparaître lentement, devient plus claire, l'accomplissement du rêve d'une vie entre esthétique et désir".
L'exposition a gardé de l'appartement du vieux monsieur -- qui fut conseiller du consistoire (juriste) pour l'église luthérienne de Berlin-Brandenburg-Schlesische Oberlausitz et y fit son coming out dans les 70's--- un côté un peu cracra et étouffant, croulant sous les tous les matériaux, toutes les matières, de l'image découpée dans un magazine porno au petit bronze ou à la gravure pseudo XVIIIè, déclinant du sol au plafond les postures et les poses masculines presque toutes dénudées dans une gamme allant du retour à l'Antique à Terry Richardson, de Saint-Sébastien au bomec en effigie pour Dolce Gabbana...L'ensemble étant agrémenté d'une seconde collection, celle-là de dessus de table brodés de proverbes que ne renierait pas Annette Messager. Manque : "la nature a horreur du vide"--mais ce n'est pas la nature, ici, dont il est question.
Thursday, September 03, 2009
Saute Lapin : Barry Flanagan (1941-2009)
Nijinski Hare, Saint Louis, Missouri Il était l'un des plus célèbres sculpteurs... animaliers inscrits dans le champ de l'art moderne. Avec ses lièvres bondissants, hommages à la relation de la sculpture et de la danse, Barry Flanagan (né à Prestatyn, Pays de Galles, et élève d’Anthony Caro à la Saint Martin’s School) était ardemment célébré en tant que représentant de " l' école britannique" (il avait représenté la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise de 1982). Il est mort le 31 août et cela ne s'est guère médiatisé en France (à part les Dernières Nouvelles d'Alsace) où il faisait pourtant figure de star...




