Friday, June 26, 2009
Thursday, June 25, 2009
Poptronics lance Popsonics Radio
En direct de City Sonics à Mons les 25 et 26 juin, lancement de Popsonics radio, création éphémère. Pour écouter le flux directement dans iTunes (Mac), Winamp (PC), cliquez ici.
Au menu de Popsonics radio :
12h00-12h30. « Bande-annonce », par Gauthier Keyaerts
Trente minutes de remix et sonorités en tous genres en guise de mise en bouche apéritive aux programmes Popsonics.
12h30-14h00. « A bon entendeur, la revue », le magazine de la rédaction.
Truffée de gastrophonie et de mathématiques musicales du professeur Rébus, avec un zeste météo d’Ocean Viva Silva, débats et invités, c’est l’entrée en matière sonore et magazine concoctée par la rédaction de Popsonics.
14h00-18h00. « Audiorama », un panorama sonore des créations radiophoniques.
Du son dans tous ses états réagencé par Popsonics qui instille ici et là quelques pièces maîtresses de l’art radiophonique (avec les créations de City Sonics, Poptronics, Radio 1001...).
18h00-19h00. « Radio Hack », Popsonics invite...
Nicolas Clauss, le 25/06 et Sébastien Roux, le 26/06, deux des artistes présents à City Sonics cette année : pour découvrir de nouvelles saveurs, Popsonics a décidé d’ouvrir son antenne à leurs choix et travaux.
19h00-20h30. « Par Mons et par vaux », chroniques d’un festival
La vie à Mons pendant le festival et tout autour, les chroniques audio autour des installations de City Sonics...
20h30-22h00. « Popsonics live ! », concerts streamés en direct
Le 25/06, concert en streaming depuis Strasbourg avec l’atelier Phonon des Arts déco et la retransmission du vernissage de City Sonics.
Le 26/06, retransmission des « Popsonics live sessions » de l’après-midi à la chapelle des Fucam : Alexander MacSween, Jocelyn Robert (Avatar), Erick d’Orion, Simon Dumas (Rhyzome), Sébastien Roux (12K, Optical Sound), Christian Vialard (Tiramizu), Rose of Paradise.
Après l'expulsion des sans papiers de la bourse du Travail, à Paris
Tuesday, June 23, 2009
Terre Thaemlitz (concert for Cornelius Cardew) : Meditation on Wage Labor and the Death of the Album
Citons Terre Thaemlitz:
"Our reckless extension of goodwill [via pro bono projects and performances] is ultimately an act of self-sabotage. The impassioned artist's stance, 'art for art's sake,' obfuscates a labor issue. The iconic struggling artist who volunteers her work is a scab, but does not know it. If demanding payment for our labor means culture industries would collapse, then so be it. Perhaps we would finally begin conceiving of cultural production in terms larger than industry. Or more likely, we might find that we cannot exist without those industries which fail to support us, making us already pathetically irrelevant. Either way, I shan't be mourning." - Terre Thaemlitz
* 1930: Introduction of the 36 minute 33RPM Long Play (LP) album
* 1980: Introduction of the 74 minute audio CD (followed by 80 minute 700MB discs, and now 90 minute 800MB discs)
* 1991: Introduction of the MP3 file format (file duration determined by media size [CD, MD, etc.] or computer OS file size restrictions)
In the era of MP3 downloads, the link between performance duration and media format duration has been severed. The album as a format is dead in the wake of single-track downloads. Simultaneously, record labels demand that audio producers produce albums that fill the longer media formats while paying lower advances and royalties. Between June 6-16, 2008, Thaemlitz recorded the first full-length MP3 album (4GB, FAT32 compliant, approx. 30 hours at 320kbps) in England at York University's Sir Jack Lyons Music Research Centre. That album (to be released in data DVD-ROM format, label undetermined) is an edit of a 31 hour piano solo recorded in sittings averaging 4 to 6 hours in length (after all, what is an album without a fadeout of the longer studio sessions?). The theme is "Meditation on Wage Labour and the Death of the Album." The duration of this live performance is a minimum of 81 minutes, so as to preclude a recording from fitting onto a conventional audio CD."
http://www.comatonse.com/thaemlitz/
http://www.comatonse.com/thaemlitz/gigs.html
Monday, June 22, 2009
L'art contemporain n'est (toujours) pas présumé innocent
COMMUNIQUE
L’AICA-France s’associe au communiqué de Marie-Laure Bernadac, Henri-Claude Cousseau et Stéphanie Moisdon, et soutient pleinement ses trois collègues.
La présidente
Geneviève Breerette
PRESUMES COUPABLES : 10 ANS APRES
Mis en examen à la fin de l’année 2006, après six années d’instruction et d’ enquête sans qu’ait pu être produit aucun élément susceptible de nourrir la thèse de l’accusation (avis positif de la Brigade des mineurs et du Rectorat), et après qu’en mars 2008 le Procureur de la République de Bordeaux a requis un non-lieu, Marie-Laure Bernadac, Henry-Claude Cousseau, Stéphanie Moisdon font aujourd’hui l’objet d’un renvoi en correctionnelle par le Juge d’instruction Jean-Louis Croizier. Il leur est reproché d’avoir, dans le cadre de l’exposition intitulée « Présumés innocents, l’art contemporain et l’enfance », organisée en 2000 au CapcMusée d’art contemporain de Bordeaux et vue par plus de 40000 visiteurs, présenté des œuvres à « caractère pornographique et violent ».
Avec cette décision, qui, fait rarissime, passe outre les réquisitions du Parquet de Bordeaux, c’est toute la communauté artistique et professionnelle, nationale et internationale, et l’image culturelle de la France qui se voient accusées, humiliées et discréditées.
Pour la première fois en France deux directeurs de musée et un commissaire d’exposition comparaîtront en Justice pour avoir montré des œuvres d’art déjà diffusées partout dans le monde ou vues depuis dans des manifestations sans susciter la moindre réaction du public. Ils seront jugés pour l’avoir fait dans le cadre d’une réflexion collégiale, partagée avec leurs autorités de tutelle, fondée sur un des sujets majeurs de l’histoire de l’art.
Ce procès d’un autre siècle, témoin d’un obscurantisme menaçant, instruit avec un acharnement irrationnel par un seul juge, au mépris de la création artistique et du droit des individus à accéder librement à toutes les formes de l’art se déroulera à Bordeaux sous la pression d’une association locale de protection de l’enfance, La Mouette, soutenue par une presse extrémiste condamnée pour diffamation à l’encontre de l’un des accusés.
Peut-on imaginer que ce qui est regardable, acceptable partout ailleurs, ne le soit pas à Bordeaux ?
Dans quelques mois, devant le tribunal correctionnel de Bordeaux, seront jugés le travail et la conviction de servir l’art et la culture de trois personnalités unanimement reconnues dans le monde de l’art pour leur engagement et qui ont déjà reçu des milliers de soutiens venus de tous les horizons.
La tentative de criminalisation qui touche aujourd’hui les artistes, les acteurs et les lieux culturels qui les diffusent, doit appeler à la plus grande vigilance à l’égard d’une censure toujours prompte à instrumentaliser les causes les plus nobles, comme la protection de l’enfance, à des fins autoritaires et liberticides.
MARIE-LAURE BERNADAC, HENRY-CLAUDE COUSSEAU, STEPHANIE MOISDON
Contre toute attente, les deux magistrats chargés de l'enquête sur la fameuse exposition Présumés innocents, l'art contemporain et l'enfance organisée en 2000 au CAPC à Bordeaux n'ont tenu aucun compte des réquisitions de non lieu formulées, il y a plus d'un an, par le parquet. Les juges d'instruction ont renvoyé devant le tribunal correctionnel le directeur d'alors du CAPC, Henry-Claude Cousseau, et les deux organisatrices de la manifestation, Marie Laure Bernadac et Stéphanie Moisdon.
Ces dernières, dans un communiqué commun, " ne peuvent que déplorer la poursuite de cette procédure". Voilà donc l'organisation d'une exposition d'art contemporain tout ce qu'il y a de plus officielle, sommée de répondre des chefs de "diffusion de l’image d’un mineur présentant un caractère pornographique et de diffusion de messages violents, pornographiques ou contraires à la dignité humaine susceptibles d’être vus par un mineur" (Les magistrats instructeurs en charge du dossier n'ont pas estimé pouvoir poursuivre la vingtaine d'artistes également désignés par les plaignants pour "corruption de mineur"). Les commissaires Marie-Laure Bernadac et Stéphanie Moisdon," continueront bien entendu à défendre la liberté d’expression et l’art contemporain devant le Tribunal".
De son côté, Me Emmanuel Pierrat, avocat des deux commissaires, a évoqué dans un communiqué à l'AFP "une situation judiciaire unique en France" dans le domaine artistique.
Tuesday, June 16, 2009
Quarante ans après Stonewall, vingt ans après la création d'Act up Paris




De haut en bas : Catherine Lord, Jose Luis Cortes, Matt Lipps, fierce pussy (photos visual AIDS)
http://www.thebody.com/visualaids/current/tainted_love.html
Quarante ans après Stonewall, Barack Obama a déclaré l'intégralité du mois de juin 2009, «mois de la fierté lesbienne, gays, bisexuelle et transgenre»; une première pour un président américain, même si les militantEs attendent des actes après ces paroles. C'est aussi l'anniversaire des 20 ans d'Act up à Paris, apparu lors de la gay pride 1989.
A New York, l'impressionnante organisation Visual AIDS, pour laquelle notre ami Dean Daderko avait été le commissaire l'an dernier de Side X Side
http://www.thebody.com/visualaids/current/sidexside_curator.html
avait alors présenté ou plutôt re-présenté --grâce à lui-- des oeuvres de Scott Burton, Kate Huh, Nicholas Moufarrege, Martin Wong et Carrie Yamaoka, afin de considérer l'impact du sida sur une génération d'artistes -hommes et femmes--confrontée au choc de l'épidémie. Il nous en avait parlé lors de son séminaire à l'EHESS.
Cet été, Steven Lam et Virginia Salomon proposent Tainted Love, une exposition, des performances et conférences, qui mettent en rapport l'action politique, la sexualité et la production culturelle au temps du sida, sur un plan qui n'est pas toujours de cause à effet, les oeuvres exposées n'étant pas toutes strictement liées à l'épidémie.
Vous pouvez cliquer ici
here (ou sur le lien plus haut) pour en télécharger le catalogue. Tous les catalogues sont en .pdf
A l'affiche : Catherine Lord, Charles Lum, fierce pussy, General Idea, Gran Fury, Ivan Monforte, Jose Luis Cortes, Luis Camnitzer, Matt Lips, Wu Ingrid Tsang et les textes d'Emily Roysdon et de Gregg Bordowitz.
Le 21 juin, Doug Ashford, Sharon Hayes et José Esteban Muñoz, dont Le Beau Vice est en train de lire Disidentifications, Queers of Color and the Performance of Politics (University of Minnesota Press), sont présents avec les curators.
Visual AIDS est une association newyorkaise qui travaille "entre l'art et le sida, utilisant l'art contemporain pour faire passer le message que la guerre du sida n'est pas finie, grâce à des expositions, des publications, des événements, des collaborations avec des artistes, des musées, des écoles et les organisations militantes; Visual AIDS est aussi une organisation qui soutient les artistes vivant avec le VIH, et qui conserve les archives et promeut la visibilité des artistes disparus". Ce n'est pas grand chose de dire qu'on aimerait bien voir une organisation comme celle là en France, où l'art contemporain semble discuté, le plus souvent, seulement en rapport avec le marché.
L'exposition : à La Galleria, 6 East 1st St., New York City, between Bowery & 2nd Avenue, (212) 505-2476.
Wednesday, June 10, 2009
Figurant à Venise


De haut en bas: via Garibaldi, une pub pour le Museum Quartier à Vienne; bout de mur d'Elke Krysztufek au pavillon autrichien; reconstitution du Travail, 1955, d'Atsuko Tanaka; une action voilée; deux tentures de sang de Teresa Margolies au pavillon mexicain; Lucas Samaras au pavillon grec; l'une des grandes affiches introductives à l'Adach pavillon d'Abu Dhabi; photos d'Hasran Sharif dans le même pavillon; une image d'Experimentet, par Nathalie Djurberg.
Tuesday, June 09, 2009
(toutes) Premières impressions de 53è Biennale de Venise
De haut en bas : l'intérieur du pavillon tchèque et slovaque par Roman Ondak; le pavillon nordique "queerisé" par Elmgreen et Dragset; le pavillon danois "queerisé" par Elmgreen et Dragset; quelques films jaunes de Tony Conrad; dessin de Gordon Matta-Clark; une installation de Bruce Nauman; John au sein de la cage de Bruce Nauman
On aura sans doute beaucoup plus de choses cohérentes à dire lorsqu’on aura revu cette Biennale dans une relative tranquilité au mois d’août, mais déjà, la question se pose : Venise c’est comment ? Comme d’habitude on ne trouve guère quoi répondre, sinon par une tautologie : Venise c’est Venise et l’arrière-arrière grand-mère des Biennales (née en 1895 sur la lagune) ne saurait introduire que des nuances et peu de révolutions d’une version à l’autre. Pourtant, en trois jours, se dessine à chaque fois une nouvelle géopolitique du monde de l’art, le nombre des pavillons nationaux grandissant en permanence et annexant, peu à peu des lieux nouveaux : cette année, on constate par exemple un agrandissement du site de l’Arsenal de Venise, vers une autre rive --très mal desservie d’ailleurs.
Un jardin, aussi, a augmenté le site des Giardini de Venise : celui qu'a planté le slovaque Roman Ondak en plein coeur du pavillon ex. tchècoslovaque, minimisant l'architecture du bâtiment tant les arbres et plantes sont en continuité avec l'environnement . Il fait ainsi disparaître la notion d'un dehors et d'un dedans, comme il dissimule l'enceinte déterminant une représentation nationale, c'est à dire le socle historique et conceptuel de la Biennale de Venise depuis 1895. Une question de voile....très présent(e) ici.
A les entendre, le sentiment des visiteurs privilégiés des journées professionnelles était celle de la déception. Le vague à l’âme, en tant que tonalité ressentie de la Biennale serait-il une corollaire de la crise économique, affectant les institutions artistiques plus sournoisement que les salles de vente? La relative absence des américains, la baisse du nombre et de la somptuosité des fêtes– contrebalancée par une ouverture ostentatoire du musée Pinault à la « Punta della Dogana » (Pointe de la Douane) et des libations russes et ukrainiennes paraît il assez décadentes —a-t-elle affecté le moral des troupes ? Ou encore, l’âge des biennales serait-il en voie de se terminer ? Mais y a-t-il jamais eu un âge d’or des biennales ? Comment se faire une opinion en visitant en deux ou trois jours une exposition de plus en plus ralentie par les files d’attente gigantesques aux portes des pavillons nationaux (Grande-Bretagne, Pays-Bas, France, USA, Danemark, pays nordiques), filtrant l’entrée d’un tout petit groupe de personnes à la fois ? Une mention spéciale est réservée à l’Angleterre, où il aura fallu se précipiter à bride abattue dès 10h du mat’, afin de se tailler un chemin à la serpe et visionner l’œuvre de Steve McQueen, les séances affichant complet pour la journée quelques minutes plus tard !
A part la présence affirmée d’hotesses voilées et bénévoles au pavillon émirien comme à celui d’Abu Dhabi, cette Biennale n’est pas un choc. Telle a été sans doute la volonté de Daniel Birnbaum, directeur artistique, directeur de la fameuse Städelschule, critique et « curator » ; il n’a pas eu non plus le plein d’argent pour défendre sa thématique de l’année : « Faire des mondes » (« Fare Mondi / Making Worlds /… ») divisée entre l’Arsenal et l’ancien pavillon italien des Giardini, dénommé aujourd’hui « Pavillon des expositions ». Beaucoup d’œuvres restent assignées à la catégorie « Biennale » : mi-monument que l’artiste sélectionné s’offre à soi-même, mi-document politique ou social. Ainsi l’Arsenal, passée l’entrée, ne tient pas ses promesses. Ca commence pourtant merveilleusement, avec cette installation, dans le noir, faite de bandes de fils de cuivre, qui courent en biais du sol au plafond comme des rais d’or lumineux : Tteia est œuvre de la brésilienne Lygia Pape (1927 — 2004), pionnière du constructivisme brésilien et de l’art participatif. D’habitude, m-‘a-t-on dit, Tteia est présentée dans le blanc ; la boîte noire qui l’enserre en dramatise certainement l’effet –un effet qui se prolonge dans la seconde installation, un ensemble de miroirs disposés par l’artiste italien Michelangelo Pistoletto, dont plusieurs ont été brisés par l’artiste dès le vernissage.
Passent malheureusement un peu inaperçus, à la fois les envolées de Yona Friedman et les drôles de dessins en couleurs de la slovène Marjetica Potrc : les deux, pourtant, projettent leur langage architectural vers la résolution de questions affectant des territoires en crise ou en transition économique ou écologique (le lien se fait, plus tard, avec les ex-tra-or-di-naires dessins de Matta Clark aux Giardini). Un peu plus loin, l’artiste brésilien Cildo Mereiles vous emporte dans une suite d’environnements monochromes composant peu ou prou les couleurs du rainbow flag ; chacun est habité d’un écran divisé par tons de couleur qui peu à peu, passe à une autre teinte…
Mais si l’Arsenal ne contient que quelques œuvres remarquables, dont celles-ci, le Pavillon des expositions propose une présentation plus tenue (« plus fluide », me disait la critique Manou Farine) aux Giardini: celle-là réactualise des artistes ou des mouvements historiques (comme le groupe japonais Gutaï) en les associant à des pièces d’aujourd’hui, pour « faire exposition »-- ce qui n’est déjà pas rien. Outre des échappées assez marrantes, lorsque Roberto Cuoghi transforme le jardinet de l’architecte italien Carlo Scarpa en salon de thé japonisant (Mei Gui) il y a de très beaux moments d’exposition. Ainsi, la pièce dite de « films jaunes » (Yellow Movies) du musicien, violoniste, cinéaste, critique et enseignant américain Tony Conrad, composés de grandes feuilles de papier émulsionné, cernées de noir et étendant la temporalité du film à une période de jaunissement qui dure -au moins ?- une vie. A côté, le dernier opus de Dominique Gonzalez-Foester, en noir et blanc, qu’elle joue et qu’Ange Leccia filme, évoque, non sans grande ironie, son sentiment d’échec quant à sa propre participation à sa 5è Biennale de Venise. Non loin, l’extraordinaire machine auto-référencielle de Simon Starling, qui a réconcilié avec la Biennale les plus revêches des visiteurs, voisine avec un accrochage de papiers photographiques de Tillmans, des monochromes de Sherrie Levine et des travaux de Lygia Pape encore ; ou, de l’autre côté, avec une reconstitution de l’installation de l’allemand Blinky Palermo à la Biennale de Venise 1976
Le dispositif et la machinerie scénique, les "tricks" du papier émulsionné (Wolfgang Tillmans, Conrad), la magie chromatique (Mereiles, Tillmans, Sherrie Levine), les théâtres d’ombres et de lumières projetées (Hans-Peter Feldmann, Paul Chan, Bruce Nauman…), le rideau de théâtre (Ulla von Brandenburg, Atsuko Tanaka ) est en effet l’un des axes – si l’on veut en trouver un -- de la Biennale ; et ce, jusque dans ses pavillons nationaux, avec la participation pour la Grande-Bretagne de Steve McQueen. Son film de 30’, jouant sur deux écrans, réalisé durant l’hiver dans les lieux mêmes de la Biennale , distingue deux géographies simultanées des sites désaffectés et des végétaux en jachère, des humains aux aguets et des chiens qui s’y lâchent, pendant que la bande son explose les distances. De même la participation de Marc Lewis propose cinq boucles cinematographiques au pavillon canadien et un documentaire ailleurs. De son côté, Shaun Gladwell expose la route du côté kangourou dans ses cinq vidéos vissées sur Mad Max (au pavillon australien) ; Fiona Tan au pavillon néerlandais présente notamment Disorient : tandis que le récit de Marco Polo en constitue la bande son, deux sortes d’images évoquant la Route de la Soie défilent. L’une glisse, imperturbablement sur des biens dans des vitrines ou des pots; l’autre traverse l’horreur et la pauvreté laissée pour solde à Bagdad, en Afghanistan, à Java, au Tibet, au Kurdistan. Notons également les animations "à la tchèque, circa 1950" sur environnement de fleurs vénéneuses en papier maché de Nathalie Djurberg.
Mais la dramaturgie sans doute la plus efficace est proposée par Teresa Margolles au pavillon mexicain, dans un palais de la ville complètement vidé et transfiguré par des tentures de sang et par le « dripping » continu d’un rideau de boue ; les matières recueillies sur le site des « narco-exécutions » dans la région de Sinaloa au Mexique sont en permanence nettoyées, frottées au sol par des figurants/nettoyeurs portant balais et les seaux, lesquels restent comme seuls témoins.
Le chouchou, ou plutôt les chouchous de la Biennale sont l’éternel Bruce Nauman, présent sur trois lieux : le pavillon Américain et deux bâtiments universitaires de Venise, avec des œuvres anciennes ou reactualisées, dont une double cage dans l’épaisseur de laquelle on peut se faufiler, une chorégraphie formidable projetée entre mur et sol, ou une énumération cacophonique des jours de la semaine, à plusieurs voix et en version italienne (dans un bâtiment) ou anglaise (dans un autre). Cette prestation, organisée par deux conservateurs du musée de Philadelphie, a récupéré le Lion d’Or de la Biennale. L’autre est celle du duo de folles queer nordiques Elmgreen et Dragset, développée sur deux pavillons de la Biennale, le Danois et le Nordique. L’un a été transformé en maison familiale bourgeoise à vendre (visiter avec l'agent immobilier) avec tous ses meubles, ses livres, ses tableaux, à la suite d’un drame familial compliqué et l’autre est devenu un lieu de drague après avoir servi d’habitation moderniste à homme gay, Mr. B., auteur d’un manuscrit érotique et dont la silhouette flotte dans la piscine. Un sac plein de cadeaux (vendu 10 euros) permet de poursuivre l’affaire bi-cinématographique (modèles : Bergman/Hitchcock) jusqu’au sein de sa propre chambre. E&D, qui furent les auteurs d’une réplique de magasin Prada au beau milieu du désert américain, sont aussi des lauréats bien mérités de la Biennale.
La « follitude » se porte bien à Venise cette année, de la soirée Hot Boys Dancing à l’aéroport du Lido jusqu’ au théâtre Goldoni où s’est donné No Night No Day, l’ « opéra abstrait » concocté par l’excentrique artiste gallois Cerith Wyn Evans et par le musicien Florian Hecker. Il s’agissait en effet d’y redéfinir les relations de couple… artistique : « Florian fait ce qu’il fait et je fais ce que je fais et puis, on se rencontre à peu près milieu, à un point où on appuie tous les deux sur « play » lors de la première représentation », a expliqué Cerith Wyn Evans, qui concluait « C’est un petit peu osé ».
http://www.labiennale.org/it/Home.html
Sunday, June 07, 2009
From Philly Inquirer
VENICE, Italy - The Philadelphia Museum of Art yesterday won the Venice Biennale's Golden Lion award for best national pavilion - the first by a commissioner of the U.S. Pavilion since 1990.
In a ceremony at the Pavilion attended by Italian president Giorgio Napolitano, the museum accepted honors for "Bruce Nauman: Topological Garden," echoing the capture of a similar top award two decades ago for its Jasper Johns show.
"We're all so happy," said Art Museum chairman H.F. "Gerry" Lenfest. "What it represents to me is what a great loss it was when Anne d'Harnoncourt died a year ago, and the museum has not lost a step despite that. This to me is a great achievement . . . and nobody would have been more excited than Anne d'Harnoncourt."
Tobias Rehberger of Germany won the Golden Lion for best artist in the venerable contemporary art exposition, this year entitled "Fare Mondi/Making Worlds." Nauman won a Golden Lion in 1999 for lifetime achievement
.../...
PS du Beau Vice. Le nom -même le surnom- de toutes les personnalités institutionnelles, collectionneurs/euses et mécènes lié(e)s à Philadelphie est ensuite prononcé par le journal mais pas celui des commissaires de cette triple exposition, qui sont Carlos Basualdo et Michael Taylor; non plus que celui des jurés de Venise, rien moins que l'historienne d'art et commissaire Angela Vettese, l'ancien rédac chef d'artforum Jack Bankowsky, les théoriciens Homi K. Bhabha et Sarat Maharaj et la journaliste du Frankfurter Julia Voss, qui ont choisi de façon un peu consensuelle, (rien de nouveau sous le soleil?), Bruce Nauman qui n'a rien à prouver à personne.
Tuesday, June 02, 2009
Elles et eux!
Donc, voilà ce que portent les quatre feuilles imprimées, avec motif de fleur, au recto. Au verso, il y a un plan du musée avec les itinéraires concernés et les oeuvres. LBV n'a pas été surprise : ce ne sont que des oeuvres d'artistes hommes. Speed Dating, présente Otto Dix, Portrait de femme (d'allure masculine, dit l'explication). Ca craint propose Brauner et Picabia. Picasso, Miro, Hantai, Dubuffet, Braque, Matta, Duchamp.... Mais dis donc, ce sont des mecs, ça!
LBV regrette de n'avoir pu s'y rendre....
et donc, patatras, LBV reproduit le communiqué du musée (en remarquant que c'est une artiste qui a fait la museographie de cette exposition).

AWKWARD OBJECTS
Alina Szapocznikow and Maria Bartuszova, Pauline Boty, Louise Bourgeois, Eva Hesse, and Paulina Ołowska
May 14th – July 6th, 2009
curators: Joanna Mytkowska, Agata Jakubowska
collaboration: Marta Dziewańska, Maria Matuszkiewicz
exhibition design: Monika Sosnowska
Archives' design: Magdalena Frankowska and Artur Frankowski
The Museum of Modern Art in Warsaw presents Awkward Objects: Alina Szapocznikow and Maria Bartuszova, Pauline Boty, Louise Bourgeois, Eva Hesse, and Paulina Ołowska. The exhibition and the accompanying conference devoted to Szapocznikow and her work are a response to the clear change in the perception of this artist’s oeuvre, and to a general revision of the way the art of female artists of her generation is viewed. This presentation of juxtaposed pieces by Bourgeois, Hesse, Boty, and Bartuszova is an attempt to show how these female artist-pioneers, as they experimented with material, with its form and expression, often including pre-feminist motifs, sought recognition, often in vain, from the artistic mainstream of their time. They now have become a major focal point of interest for new art history.
The point of a simultaneous presentation of artists who are but accidentally connected to each other is to draw attention to the insufficiency they all felt in the existing artistic vocabulary, as well as to the shared feeling of a need to foresee new worlds, to propose and push for the new. By presenting work from the 1960s and early ’70s, we focus in particular on the turning point when canonical artistic vocabularies underwent revaluation. Apart from the novel formal concepts it brings forth, what is particularly significant in Szapocznikow’s work is her innovative take on the body and its representation, touching on traumatic memories of the Holocaust, illness, and the finitude and feeble nature of the body. At the same time her art is a manifestation of extraordinary affirmation and admiration of life and the untamed power of female expression.
The exhibition will be accompanied by Alina Szapocznikow: Works, Documents, Interpretations, an international conference to be held on May 15-16, 2009, which will welcome an array of world-renowned art historians, curators, critics, and collectors, who will seek to reflect on and animate new tendencies in research on Alina Szapocznikow’s art.