Monday, March 30, 2009

Helen Levitt, New York City meurt un peu avec elle...

http://www.prophoto-online.de/img/artikel/1036/helen_levitt.jpgHelen Levitt


On avait pu voir les photographies (et films) d'Helen Levitt (1913-2009) tardivement à la Documenta IX de Catherine David, en 1977, puis en 2007 à Paris, à la fondation Cartier-Bresson. On avait aimé ses images en noir et blanc --et en couleurs entre 1959 et la fin des 60's-- de jeunes blacks ou latinos, mais aussi de petits blancs, tous dans la ville ou plus précisément, dans la rue. Helen Levitt était allée du côté du Lower East Side, d'Harlem ou de Spanish Harlem, les quartiers les pauvres et les plus ouvriers du Manhattan, au milieu de XXè siècle, pour y recueillir cette vie dehors, là où le trottoir tient lieu de living-room. Ses photos montraient des gosses ou des ados jouant avec l'eau des extincteurs, au basket, regroupés devant les entrées des maisons, près des graffitis, sur les trottoirs à côté des voitures et des camions... Elle enregistrait toute une choréographie de gestes exécutés dans la rue de la ville moderne , et peut-être spécifiques à la capitale du XXè siècle. C'est du moins ce que considérait le critique de cinéma et de photo James Agee:
"Helen Levitt est née et formée à New York City. Les photographies qu'on va voir, elle les a faites en grande partie dans les années 40 à New York. Aucune photographie ne vise à constituer un document social ou psychologique.... Au mieux, peut-on à leur encontre les considérer comme des photographies lyriques", écrivait-il. Ce lyrisme s'apparentait, dit le New York Times, à ce que Willam Butler Yeats appelle "la cérémonie de l'innocence". L'influence qu'elle revendiquait n'était pas tant celle de son ami Walker Evans que celle du peintre réaliste social Ben Shahn.
Helen Levitt était très connue : son image d'Halloween avait fait partie de l'exposition inaugurale du département de photographie du MoMA et elle avait eu une expo personnelle en 1943 "Mauvaise technicienne", selon ses dires, elle avait aussi travaillé en tant que monteuse (pour les films de propagande de Luis Bunuel) et en tant que réalisatrice, notamment du film "In the Street", de 1952. Mais sa première grande rétrospective n'eut lieu qu'en 1991 à San Francisco et au Metropolitan de New York

Thursday, March 26, 2009

Trucs et festivals (pas pour les veaux)

Pendant que LBV fait sa belle à Londres (Hayward Gallery), causant d'Annette Messager avec Griselda Pollock (27 mars, pour les intéressEes), se tient à Berlin un festival aux petits oignons, intitulé:

"It’s not the homosexual who is perverse, but the situation in which he lives: kunst, kino, kontext now", une série de projections (le début du titre provient d'un film de Rosa von Praunheim) avec performances simultanées et autres formes de projections..."qui explorent les façons dont ce que nous voyons est informé par ce qu'on voit en même temps"
www.tanyaleighton.com
www.arsenal-berlin.de
www.lab-oratory.de

Des exemples :

27 March 2009,Tanya Leighton, Kurfürstenstraße 156, 10785 Berlin
8:00pm
Ibiza: a reading for ‚The Flicker‘
Ian White, live performance, featuring The Flicker, Tony Conrad, USA 1966.

Saturday 28 March 2009 Kino Arsenal Potsdamer Straße 2, 10785 Berlin

5:15pm
Monangambeee
Sarah Maldoror, Algeria 1969, 16 mm, 17’
D
Guido Lombardi, Anna Lajolo, Italy 1970. 16 mm, 40’
Blue Monday/War Machine
The Duvet Brothers, GB 1984, video, 10’
accompanied by a reading from
Contemporary Colonial Art
Luis Camnitzer, from Marcha (extract), Uruguay mid-1970, republished in Lucy Lippard, Six Years: … , 1973.

8:00pm
Nicht der Homosexuelle ist pervers, sondern die Gesellschaft in der er lebt
(It’s not the homosexual who is perverse, but the situation in which he lives)
Rosa von Praunheim, FRG 1971, 16 mm, 67’
shown simultaneously with
untitled (David Wojnarowicz project)
Emily Roysdon, 2001-7, projected photographs

www.emilyroysdon.com

Ou encore :

Sunday 29 March 2009 Kino Arsenal
5:00pm
Les Passagers
Annie Tresgot, Algeria 1971,
shown simultaneously with a live audio broadcast of Algerian radio

8:00pm
Low in the Cave
Live performance based on Othon, Jean-Marie Straub, Danièle Huillet, FRG/Italy 1970.

Ou dans le cadre de la backroom du Lab.oratory:

Monday 30 March 2009 Lab.oratory Am Wriezener Bahnhof, Berlin
8:00 pm
Richard Serra’s Hands
An experimental screening in Berlin’s gay sex-lab of Serra’s films that feature his own hands. Free, no booking necessary

Après Culture France, Label France.

PARIS, 25 mars 2009 (AFP) Le ministre français des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a annoncé mercredi une vaste réforme de son ministère pour ouvrir le métier de diplomate à la société civile et la création d'un label, "Institut français", pour mieux promouvoir la culture française à l'étranger.
(cette dépêche n'est pas signée : "le coin des rieurs")

Tuesday, March 24, 2009

Monday, March 23, 2009

Amazing Grace Jones

j_lv_gracejones_09-1http://intermezzo.typepad.com/photos/jarvis_cockers_forest_of_/grace_jones.jpg


Comme dirait l'ami Hans Ulrich : "Hurricane Grace Jones"-- c'est en effet le titre de son album récent ; mais surtout et avant tout, Grace Jones est formidablement hurricane, si l'on en juge par l'ouragan qui a emporté les 2600 spectatrices/teurs du Grand Rex dimanche soir, unanimement folles de joie.
Après qu'eurent résonné les rythmes de Nightclubbing et qu'un rideau fut tombé, on la trouva juchée sur une passerelle de chantier, jaugeant la foule, montée sur des talons ultra-hauts, ses jambes interminables surmontées d'un veston et son visage, d'un masque emplumé. Pendant près de deux heures, elle allait, avant chaque fin de morceau, s'en aller vers les coulisses, afin, tout en chantant et papotant, de se livrer à l'un de ses quinze (au moins!) changements de costumes et de chapeaux (Philip Treacy), ajoutant des commentaires de son cru (sur un chapeau encore plus fabuleux :"celui là il est à moi tu l'auras pas!"), parfois plutôt crus (la chatte de Katoucha et l'endroit où on met la coke...), démontrant, à qui pouvait en douter, que la dame n'avait pas la langue dans sa poche et qu'elle savait manier l'auto-dérision comme elle pouvait tout autant manifester son plaisir, qui semblait réel, à ces retrouvailles si réussies avec "Paris", où elle avait "commencé sa carrière".
Evidemment, La Vie en Rose exécutée comme un "pole dancing", en chapeau claque blanc , poussée par du vent déversé par la seule machine du spectacle, par ailleurs complètement dominé par Grace seule, fut un déclencheur de souvenirs émotionnels du Palace pour les plus agéEs. Mais ce qu'a réussi Grace Jones, c'est précisément à vaincre la nostalgie, en se montrant meilleure encore : et d'abord meilleure chanteuse (elle n'a jamais aussi bien chanté Demolition Man, par exemple), avec une plus belle voix, une plastique irréprochable, un bagout incroyable et toute la panoplie d'une show woman accomplie, le à 60 ans. De sorte que ce n'était pas seulement qu'un "retour" (d'âge, etc...)
On se souviendra longtemps de ce Love Is The Drug chanté dans le noir, avec un chapeau-boule à facettes où se reflétaient des lasers jetant des rayons verts dans toute l'architecture du Grand Rex. Ou de ce pénultième Slave To The Rhythm durant tout le temps duquel Grace Jones ondulait avec un hula-hoop autour des hanches (performant le rêve de LBV). Ou de cette facilité avec laquelle elle a laissé la scène s'envahir de danseuses et danseurs improvisés, après qu'elle-même s'était promenée dans la foule enfin debout ("ah vous n'êtes pas morts!), une foule sans exclusion qui resta debout, plus de deux mille silhouettes en plein exercice d'admiration. On pouvait crier sa joie.


Friday, March 20, 2009

bref retour et conseil de lecture

Part Object Part SculptureEva Hesse, Ringaround Arosie, 1965© The Estate of Eva Hesse, Hauser and Wirth Zurich
Encore sous le choc de l'extraordinaire intervention d'Helen Molesworth à l'EHESS, mercredi 18 mars, LBV vous conseille son catalogue de 2005-6, Part Object Part Sculpture (Wexner Center for the arts/The Ohio State University, The Pennsylvania State University Press)

Tuesday, March 17, 2009

Hanne Darboven 1941-2009. Une artiste qui compte énormément



LBV lit dans artforum la mort d'Hanne Darboven (intervenue le 9 mars chez elle dans les environs d'Hambourg ; mais sa mort n'aurait été annoncée que quelques jours plus tard); c'était une artiste formidable, solitaire jusqu'à l'extrême et la frénésie, dans son désir systématique de maitriser le temps et donc de comprendre le monde, selon une temporalité certainement plus étendue et musicale, que l'horloge parlante des images de notre réalité quotidienne.
Née à Munich, ayant étudié aux Beaux-Arts de Hambourg, Hanne Darboven part en 1966 pour New York et rencontre la scène minimale. Son travail quotidien d'écriture et de chiffrage sur des pages de papier millimétré se signale à Sol LeWitt, Lucy Lippard, Kasper Koenig et à Konrad Fischer, dans la galerie duquel elle a sa première exposition personnelle à Düsseldorf en 1968. La question des dates, des chiffres du quotidien et de leur fonction systémique commence là.
Ce travail n'a pas véritablement changé depuis, il s'est juste étendu, amplifié, infiniment et inexorablement. Inscrivant des lignes géométriques, des suites de nombres, incorporant citations et collages sur des feuilles de papier, il a constitué à échelle de plus en plus monumentale, une méthodologie pour chiffrer et à la fois, pour rendre visible le temps: celui de l'écriture mais aussi celui de la musique, des mathématiques et d'une histoire culturelle qui déborde largement la biographie ou la situation géographique de l'artiste. Ainsi, les 2782 feuillets manuscrits ou tapés à la machine, ou encore dessinés, qui ont constitué Leben, leben/Life, living pour compter de 1900 à 1999. Ces dessins rendent ainsi visibles deux temps : celui de leur création, celui, historique, qu'ils installent ensemble dans la temporalité de l'exposition.

Sur les murs couverts de feuilles, encadrés, en une grille serrée, il s'agit toujours de compter, d'inscrire mais aussi de copier, de recopier : à partir de 1971, Hanne Darboven recopie des textes tels L'Odyssée d'Homère ou Les Mots de Sartre, ou encore des passages d'encyclopédies consacrés à Napoléon ou à Bismarck, des discours politiques, des partitions musicales, entre autres. Vers 1979, des images de diverses sources (photographies, reproductions, couvertures de journaux, etc.) s'ajoutent à ces ensembles. En 2002 à la Documenta de Kassel (elle avait également participé à la Documenta 5 d'Harald Szeemann en 1972 et à la Documenta 6, la suivante) elle expose Kontrabasssolo, opus 45 sur trois étages du musée Fridericianum. Elle avait aussi exposé en 1984 dans la manifestation "allemande " de Kasper Koenig intitulée Von hier aus à Düsseldorf, son travail Pour Rainer Fassbinder. On l'avait vue, à Paris, au musée d'art moderne de la Ville, avec son Histoire de la culture 1980-1983, 24 chants, en 1986 et plus récemment dans l'accrochage de Philippe-Alain Michaud, le Mouvement des Images, à Beaubourg.

En 2000, Hanne Darboven avait créé son propre fonds : http://www.hanne-darboven-stiftung.org


All that Jazz



Il n’est pas anodin que Le Siècle du Jazz, l’exposition fourmillante qu’a organisée Daniel Soutif, implacable spécialiste et amoureux de ces musiques et de leurs accompagnements plastiques, se tienne au Musée du Quai Branly : non, comme on l'imagine immédiatement, pour revendiquer les origines africaines, « roots » d’une musique que Soutif affirme comme excessivement moderne et liée à la métropole américaine. Mais, selon le commissaire, c’est en France, plutôt, dans les années 1920, que l’ «africanité » fantômatique du Jazz se serait affirmée, avec l’irruption de Josephine Baker simplement vêtue d’une ceinture de bananes, comme avec le premier numéro de la célèbre revue Documents de Leiris et Bataille. Le lien de parenté est ainsi fait avec le musée qui l’accueille et les souvenirs des revues d’anthropologie où le jazz a été l’une des parures de l’énergie primitivistes (cf. aussi la revue Jazz, fondée par la journaliste Titaÿna). L’exposition, quant à elle, s’affirme comme une exposition de société, où voisinent documents et monuments, dessins anonymes et tableaux –et pas les plus évidents, de Bob Thompson, Robert Colescott, Romare Bearden…-- et sélections serrées de pochettes de disques ou d’extraits filmés ou de bandes dessinées ; évidemment la photographie règne aussi, en noir et blanc, qu'il s'agisse de portraits, de représentations du jazz, de livres d'images, d'affirmations identitaires ou d'équivalences....
L’accrochage, organisé autour d’une « timeline », colonne vertébrale et subjective du XXè siècle, autour de laquelle s’ouvrent des salles aux cimaises blanches soulignées de noir et des phrases en enseignes, essaye de retrouver une logique et une cohérence dans le musée de Jean Nouvel…. Ce qui n'est pas évident et, d'ailleurs, tout cela perd: à l’instar d’une onde, les salles vont devenir de plus en plus grandes et indéterminées –« free »-- à la fin du parcours et débouchent vers les dernières œuvres : Basquiat, Oehlen, Jeff Wall et David Hammons… Comme si ce que Soutif appelle la « contamination » des arts par le jazz marquait quand même notre époque, sans l’immédiateté des origines. Peut-être, mais ceci n’est qu’une hypothèse, le jazz est ici appréhendé aujourd’hui de façon plus historique, à la lumière de ce que les études post-coloniales, comme celle de Paul Gilroy (L’Atlantique noir) ont apporté à la lecture d’une forme populaire devenue savante.
1917 : l’Original Dixieland Band enregistre un disque dont l’étiquette porte le mot « Jass »-- une nouveauté lexicale « futuriste » dès 1913, inventée avant qu’être jouée. La même année, 1917, le quartier réservé à la prostitution et aux musiciens de la Nouvelle Orléans, ferme. Avec l’émigration de ces musiciens vers NY et Chicago, le jazz naît, pour devenir le qualificatif de l’entière après-guerre aux Etats-Unis, tel que le montre le titre de Fitzgerald, Tales of the Jazz Age . Pendant la première guerre mondiale, la fanfare militaire des Harlem Hellfighters de l’africain-américain James Reese Europe a été envoyée en France, et fait découvrir les onomatopées musicales du jazz sur le vieux continent.
Aux US, le jazz n’est pas seulement une musique de noirs. Mais, dès la formation de la Harlem Renaissance, avec les écrivains Langston Hughes et W.E B. du Bois, mais aussi des musiciens comme Duke Ellington et des tap-dancers comme les frères Nicolas, la revendication « black » s’accompagne du rythme de la grande ville, et affiche la musique et la danse comme des atouts de séduction autant que de sédition. Voir les portraits de Bessie Smith –avec plâtre d’antique, avec masque de cirque--par Carl Van Vechten (qui photographia aussi Hughes, plus tard Billie Holiday, des académies masculines et fut l’éxécuteur testamentaire de Gertrude Stein). Mais voir aussi, ici, ce portrait par Miguel Covvarubias d’un « dandy d’Harlem » aussi urbain qu’ambigu, sexuellement.
L’Aurore de Murnau, bien que film muet, est un peu le premier élément de cette symphonie syncopée de la grande ville que le jazz porte à aimer. Mais dans les extraits cinématographiques qui sont montrés ici, une séquence émouvante fait se succéder deux films : Fred Astaire, grimé de noir, danse face à une triple ombre dans Swing Time (1936), et finit par (s’)y perdre : il rend hommage à son maître en claquettes : Bill Robinson, alias Bojangles, dont est présentée une performance, tournée au sein de Harlem.
L'excitation des débuts de l'exposition se tasse un peu dans les espaces couvrant les périodes plus canoniques du jazz, notamment les années 1940-60: la créativité graphique des pochettes de disque l'emporte sur les tableaux. C'est d'ailleurs le petit reproche qu'on pourrait faire à cette exposition, "scénarisée" et montée d'abord dans l'espace virtuel de l'ordinateur, comme Daniel Soutif aime à le faire: il n'y a pas énormément de place laissée pour qu'ait joué, durant l'accrochage, la réalité des oeuvres, leur confrontation et peut-être des changements drastiques, qui seraient intervenus malgré, ou à cause de cette planification.

Wednesday, March 11, 2009

"Something you should know" : Martin Beck le 11/3 à 19h

ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES EN SCIENCES SOCIALES
Centre de sociologie du travail et des arts


SOMETHING YOU SHOULD KNOW:
ARTISTES ET PRODUCTEURS AUJOURD'HUI

Patricia Falguières, Elisabeth Lebovici, Hans-Ulrich Obrist et Nataša Petrešin-Bachelez


* *Mercredi 11 Mars à 19H * *

MARTIN BECK

De 19H à 21H, 96 boulevard Raspail, 75006, Salle Lombard, RdC.


Martin Beck, né en Autriche en 1963, vit et travaille à New York. Seul ou en collaboration avec Julie Ault, Beck explore en artiste, en designer, en historien, les "modalités de l'être - auteur et les conditions de l'efficacité de l'art" (/methods of authority and artistic agency/) qui ont soutenu une certaine acception de la modernité. Les dispositifs d'exposition, dont il a exploré les possibilités au titre de designer, sont devenus l'objet même de ses investigations artistiques au fil du projet "OUTDOOR SYSTEMS, indoor distribution" inauguré en 2000 à Berlin, une réflexion continuée sur les conditions de visibilité de l'art. Ainsi le module "Struc Tube", un système d'exposition mobile imaginé par George Nelson en 1948, à une époque où l'exposition pouvait encore être créditée du potentiel émancipateur d'un "format de connaissance" : "Struc Tube" est devenu le support d'une suite d'interventions qui l'ont réactivé comme dispositif d'exposition, autant qu'elles l'ont transformé en sculpture, dispositif chorégraphique, instrument critique... La rumeur attribuant à un acte délibéré l'incendie, le 14 juin 1969, du bâtiment très controversé édifié à l'université de Yale par Paul Rudolph est devenue le fil conducteur d'une enquête sur l'épuisement d'une certain fonctionnalisme dans les années 70 (/Rumor/). Les courbes et les graphiques déployés depuis les années 60 par les administrations publiques et en général tous les tropes de l'exposition imaginés par le fonctionnalisme sont l'occasion de réinterprétations critiques monumentalisées et restitués à leur caractère d'artefacts dans le cadre de ses expositions (/Installation/, 2006). À l'automne 2008, l'installation "Pannel 2: Nothing better than a touch of ecology and catastrophe to unite the social classes"revenait sur un épisode oublié de l'histoire du design: la rencontre houleuse en 1970, à Aspen, sur le thème "Environment by Design,"de la crème des designers les plus établis (Herbert Bayer, Saul Bass, George Nelson ... ), des alternatifs et activistes écologistes américains (The Ant Farm ...) et d'une délégation française - Jean Baudrillard en tête - réfutant le "tournant écologique" envisagé comme dérivatif à la lutte des classes et "nouvel opium du peuple".

Martin Beck a exposé (entre autres) à la Wiener Secession, Vienne (2006); Orchard Gallery, New York (2007); Casco, Office for Art, Design and Theory (2007), Utrecht; Gasworks, Londres (2008). Un recueil de ses écrits et de ceux de Julie Ault a été publié par le Kokerei Zollverein / Zeitgenössische Kunst und Kritik: /Critical Condition. Ausgewählte Texte im Dialog/ (2003). Martin Beck publie régulièrement dans "Springerin" et "Texte zur Kunst". /About the relative Size of Things in the Universe/ a été publié par Casco et Four Corners Books, Londres, 2007.

Contacts:
Mailing –List : natasa.petresin@gmail.com
Cesta / EHESS : Nicolette Delanne, delanne@ehess.fr
105 bd Raspail, 75006, Paris
tél: 01 53 63 51 38

Le séminaire "Something you should know: Artistes et producteurs aujourd'hui" est soutenu par la fondation FABA.