ÉCOLE DES HAUTES ÉTUDES EN SCIENCES SOCIALES
Centre de sociologie du travail et des arts
SOMETHING YOU SHOULD KNOW: ARTISTES ET PRODUCTEURS AUJOURD'HUI
Mercredi 25 novembre à 19h:*
Sanja Iveković
De 19H à 21H, 96 boulevard Raspail, 75006, Salle Lombard, RdC. *
Sanja Iveković, Trokut (Triangle), 1979, photographs of a performance, text. © Sanja Iveković, 2007
’The action takes place on the day of the President’s visit to the city. It develops as intercommunication between three persons:
1. A person on the roof of the high building which is across the street from my apartment
2. A policeman on the street in front of the house
3. Myself on the balcony
Due to the cement construction of the balcony, only the person on the roof can actually see me and follow my action. My presumption is that this person has a pair of field-glasses and a walkie-talkie. I also notice that the policeman in the street has a walkie-talkie.
The action begins when I walk out on the balcony and sit on a chair. I drink whisky, read a book, and pretend to masturbate. After some time a policeman rings my doorbell and orders that ’persons and objects should be removed from the balcony’.’
(Sanja Iveković Zagreb, Savska 1, 10 May 1979)
Née en 1949 à Zagreb (Croatie) où elle vit et travaille, Sanja Iveković est l’une des artistes- clefs pour comprendre la reconfiguration des rôles, des genres et de la cartographie géopolitique manifestée par l’art d’aujourd’hui ; ce qui se démontre pleinement dans la pluralité des lieux où l’on a pu voir tout récemment ses travaux. Ainsi, par exemple à la Biennale d’Istanbul (cf post précédent) ou à l’exposition The Death of the Audience (Secession de Vienne). En France, elle a proposé une performance en avant-première de l’exposition Réversibilité au CAC Brétigny et ses œuvres acquises par le Musée National d’art moderne figurent également au sein d’elles@centrepompidou. Elle expose au Muzeum Sztuki de Lodz et participe à l’exposition Gender Check au MuMok de Vienne et est résidente aux Récollets.
Sanja Iveković fait partie d’une génération d’artistes, qui a émergé après 1968 dans les pays de l’Est européen, intervenant dans les champs de la photo et du collage, de la vidéo et du film, des installations et des actions. Elle participe d’emblée de ces “politics of performance” que la théoricienne Peggy Phelan caractérise comme des stratégies pour une critique des idéologies du visible. Le travail d’Iveković fonde effectivement une pratique critique, investie dans la politique des images et du corps (cf. la formidable performance Triangle (1979)) et analysant les stéréotypes de genre, tels qu’ils sont cités à comparaitre à la télé (General Alert [Soap Opera], 1995) ou dans les magazines (Paper Women, 1976–7).
Ainsi, Sanja Ivekovića été l’une des premières, sur la scène Yougoslave (puis Croate) a adopter une perspective féministe dans son travail d’artiste. Depuis 1989, elle traite, toujours dans cette perspective, de l’effondrement du régime communiste et des conséquences du triomphe du capitalisme et de l’économie de marché sur les conditions de vie, particulièrement celles des femmes- et notamment la violence à laquelle les femmes sont soumises.
Une rétrospective du travail de Sanja Iveković s'est tenue en 2001 à Taxipalais (Innsbruck, Autriche), en 2007 à la Fundació Antoni Tàpies (Barcelone), ainsi qu'une exposition personnelle Urgent Matters, au BAK d’ Utrecht et au Van Abbemuseum d’ Eindhoven en 2009. Elle a participé aux 11è et 10ème Biennales Internationale d'Istanbul (2009 et 07), les Documenta 12 (2007) et 11 (2002) à Kassel, et à Manifesta 2 (1998).
Le séminaire "Something you should know: Artistes et producteurs aujourd'hui" est soutenu par la fondation FABA.
0 commentaires:
Post a Comment