Thursday, October 22, 2009

Râge d'automne (2) après le spectacle Elmgreen et Dragset à Bôbourg

Petite note d'après "Festival" au Centre Pompidou, avec en main, un formulaire d'évaluation qu'on vous demande de remplir avant le spectacle. L'enquête fait-elle partie du spectacle? LBV ne saura pas. En tout cas, elle questionne sérieusement son assiduité future après cette prestation d'Elmgreen et Dragset (qui se sont adjoints le fort bon Tim Etchells, de Forced Entertainment) dans la grande salle de spectacle. 5 ou 6 répliques de sculptures signées Ulrich Ruckriem, Barbara Hepworth, Giacometti, Sol LeWitt, et Jeff Koons glissent en scène et se mettent à parler, chacune avec l'accent du pays d'origine de leur auteur (e) et les atavismes supposés de l'art ou de la langue qu'elles sont censées représenter (Ruckriem hurle, Koons grince, Hepworth tousse et Une boîte de Brillo deWarhol, pour finir, reste silencieuse). Cette "animation" en forme de dialogue infantilisant est affligeante, tout comme la romance amoureuse des deux sculptures à trous que sont Hepworth et Lewitt (muni d'un socle impossible) ou la furieuse tendance disco du Lapin de Koons.
Mais le pire, c'est sans doute le cauchemar qu'elle propose comme futur possible d'un Centre Pompidou affublé d'un festival permanent : où les sculptures et par extension, les oeuvres d'art de la collection du musée se mettraient à parler, à se présenter par une série de clichés qui seraient supposés prendre en charge le fameux discours "de l'oeuvre" pour en faire un gimmick aussi rigolo qu'un film comique français (sans Jacqueline Maillan).
On n'ose penser qu'il s'agit peut être du le rêve actuel (et sans doute inavoué) d'un Centre Pompidou, où la communication semble avoir pris le pas sur toute autre activité présentable et où une animation de grand magasin ("il se passe toujours quelque chose"...) vend son agitation comme excuse à son absence d'imagination . Colère colère, bis!

3 commentaires:

Anonymous said...

Que dire aussi ce soir de cette exposition inaugurée à la Conciergerie, toujours dans le cadre de ce Nouveau Festival (que dire encore une fois de l'absence d'imagination, de pensée, face au vide sémantique du titre ou du non-titre de cette manifestation qui n'engage rien d'autre qu'un slogan publicitaire – venez vivre un nouveau produit, le nouveau produit). Donc, cette exposition, elle au titre faussement philosophique et littéraire, LE SORT PROBABLE DE L'HOMME QUI AVAIT AVALÉ LE FANTÔME: des noms, les plus «prestigieux» de l'art de notre temps, Cattelan, Firman, Veilhan, Verna... exposés comme des marchandises, ou comme en un défilé de mode de prêt-à-porter... Nous sommes aux Galeries Lafayette ou au Printemps. L'idéal de consommation libérale est atteint: il n'y a plus de frontière entre «l'œuvre» et le produit dérivé. Le sort propable de l'homme, et de la femme, et de qui que nous soyons dans nos corps, est d'être nié en tant qu'individu pensant, sentant et aimant. Fin de l'histoire!

Anonymous said...

Votre colère est juste, mais je dois vous l'avouer, un peu à contre-temps... les symptômes étant apparus il y a assez longtemps, et, dans ce qui semblait être le dernier espace dit de "création" du centre (le spectacle vivant, puisque le reste avait déjà pour vocation, le Mûsmarket)il flottait déjà ici et là un air de Packaging, le choix de "Spêctacles" designés en accord avec la nouvelle signaletique du centre. J'ai rencontré il y a un peu plus d'un an, un jeune homme qui travaillait dans l'équipe de "chasseur", assumant son innexpérience et son nouveau métier (depuis 2 ans) comme un stage au rayon loisirs créatifs et finalement peu difficile (il est joli le danseur, j'aime bien son short vert, ça bouge bien avec le néon vert du corridor)...

Quant aux évaluations, comme toute enquête marketing, je jette... il me semble qu'un espace de création gangerait plus à inventer des lieux de rencontre plutôt que de multiplier bêtement les inquiétudes sociotypiques du marché culturel.

Stéphane L.

Anonymous said...

j'aime <3