Wednesday, October 21, 2009

Coup de blues parisien. Deadline (musée d'art moderne de la Ville) versus act Up (musée de Harvard)

Reçu des nouvelles de Cambridge, Massachussetts. L'excellente conservatrice Helen Molesworth (que nous avons reçue au séminaire Something You Should Know l'an dernier) y propose avec Claire Grace, une exposition intitulée act up New York: Activism, Art, and the aids Crisis, 1987–1993, dans la section contemporaine des musées d'Harvard. Oui, Harvard, pas une petite université alternative! Y figurent, non seulement des documents d'époque, mais en plus la participation active de Fierce Pussy ou Gran Fury, les groupes d'artistes homosexuel/es (hé oui!) qui se sont engagé/es alors, à la fois plastiquement et politiquement, dans l'action collective contre le sida et la désobéissance civile---ce qui n'a pas vraiment existé en France (où ce sont plutôt des graphistes qui l'ont fait, je pense à Loïc Prigent et Geneviève Gauckler, par exemple). Mais bon, passons.Voilà Fierce Pussy qui nous envoie une email et qui dit : c'est formidable, on refait des choses aujourd'hui, ensemble, entre filles, avec une autre rage qui nous saisit.
Là, on voit non seulement à l'oeuvre un réinvestissement du passé militant mais également se decouvrir un projet d'histoire orale : plus de 100 militantEs survivantEs ont accepté d'y participer. Pour aller vite, c'est penser l'exposition comme une façon de faire se croiser l'histoire des droits et des gays, de l'art, de la santé publique (au moment des mésaventures d'Obama) et de l'épidémie.
http://www.ves.fas.harvard.edu/ACTUP.html
D'un autre côté, à Paris, au musée de la Ville, il y a Deadline, l'exposition des artistes qui ont fait une oeuvre avant de mourir. Argumentaire :"chacun d’eux, conscient de la mort imminente, a intégré dans son travail l’urgence de l’oeuvre à achever et le dépassement de soi". Sur le carton, le même Felix Gonzalez-Torres que celui qui avait fait le carton d'Au delà du Spectacle à Böbourg (soit un rideau doré)en 2000. Rien n'est mentionné quand au collectif, quant à la lutte contre, quant au politique, quant aux droits. Rien de cela ne s'incarne. On nous vend le même paquet cadeau de l'oeuvre ultime, d'une dernière image, que l'artiste aura souhaité laisser de soi, en tant qu'artiste. Cette proposition s'accorde sans renacler à l'exposition Renoir, les dernieres années au Grand Palais.
La différence entre les deux côtés de l'Atlantique, la dépolitisation lénifiante des musées parisiens (on ne choisit pas son moment, mais c'est aujourd'hui qu'on apprend cette histoire de dépistage obligatoire!!!) mettent LBV vraiment, vraiment, vraiment en colère.

4 commentaires:

Anonymous said...

sans transition, quoi que...

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/10/17/les-methodes-tres-contestees-du-president-du-musee-d-orsay_1255259_3246.html#ens_id=1255330

Anonymous said...

Mais oui LBV, le politicless, mais la hype en plus... dites-moi, vous vous réveillez ou quoi là ?

Stéphane. L.

Anonymous said...

... et "Blood" de Felix à la Dogana, totalement réduit à sa fonction de "rideau" ? Vous en pensez quoi ?

Stéphane L.

Anonymous said...

Merci !

Frank B.