Comme dirait l'ami Hans Ulrich : "Hurricane Grace Jones"-- c'est en effet le titre de son album récent ; mais surtout et avant tout, Grace Jones est formidablement hurricane, si l'on en juge par l'ouragan qui a emporté les 2600 spectatrices/teurs du Grand Rex dimanche soir, unanimement folles de joie.
Après qu'eurent résonné les rythmes de Nightclubbing et qu'un rideau fut tombé, on la trouva juchée sur une passerelle de chantier, jaugeant la foule, montée sur des talons ultra-hauts, ses jambes interminables surmontées d'un veston et son visage, d'un masque emplumé. Pendant près de deux heures, elle allait, avant chaque fin de morceau, s'en aller vers les coulisses, afin, tout en chantant et papotant, de se livrer à l'un de ses quinze (au moins!) changements de costumes et de chapeaux (Philip Treacy), ajoutant des commentaires de son cru (sur un chapeau encore plus fabuleux :"celui là il est à moi tu l'auras pas!"), parfois plutôt crus (la chatte de Katoucha et l'endroit où on met la coke...), démontrant, à qui pouvait en douter, que la dame n'avait pas la langue dans sa poche et qu'elle savait manier l'auto-dérision comme elle pouvait tout autant manifester son plaisir, qui semblait réel, à ces retrouvailles si réussies avec "Paris", où elle avait "commencé sa carrière".
Evidemment, La Vie en Rose exécutée comme un "pole dancing", en chapeau claque blanc , poussée par du vent déversé par la seule machine du spectacle, par ailleurs complètement dominé par Grace seule, fut un déclencheur de souvenirs émotionnels du Palace pour les plus agéEs. Mais ce qu'a réussi Grace Jones, c'est précisément à vaincre la nostalgie, en se montrant meilleure encore : et d'abord meilleure chanteuse (elle n'a jamais aussi bien chanté Demolition Man, par exemple), avec une plus belle voix, une plastique irréprochable, un bagout incroyable et toute la panoplie d'une show woman accomplie, le à 60 ans. De sorte que ce n'était pas seulement qu'un "retour" (d'âge, etc...)
On se souviendra longtemps de ce Love Is The Drug chanté dans le noir, avec un chapeau-boule à facettes où se reflétaient des lasers jetant des rayons verts dans toute l'architecture du Grand Rex. Ou de ce pénultième Slave To The Rhythm durant tout le temps duquel Grace Jones ondulait avec un hula-hoop autour des hanches (performant le rêve de LBV). Ou de cette facilité avec laquelle elle a laissé la scène s'envahir de danseuses et danseurs improvisés, après qu'elle-même s'était promenée dans la foule enfin debout ("ah vous n'êtes pas morts!), une foule sans exclusion qui resta debout, plus de deux mille silhouettes en plein exercice d'admiration. On pouvait crier sa joie.


7 commentaires:
Ce lundi matin, difficile de me remettre de ce moment époustouflant.
très bel article et les photos géniales !! j'ai adoré aussi le concert mais été bien moins bien placé que vous si j'en juge les photos...
les photos ne sont pas de moi malheureusement. C'est un appel : merci de m'envoyer les votres!
http://www.facebook.com/video/video.php?v=1110000784964&ref=share
Merci merci. Allez-zy-voir
Le lien de frkbkr n'est pas visible pour les non-facebooker.
C'est bien dommage!
Bonjour,
Je voulais voir les photos sur : http://www.facebook.com/video/video.php?v=1110000784964&ref=share
mais ce n'est pas possible!
Il faut être inscrit à facebook.
Je ne souhaite pas m'inscrire à facebook alors c'est bien dommage...
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