Friday, January 30, 2009

Le Rose Art museum, un musée qui (la) ferme.


Tiger by the Tail














(Ill : Fin 2007, avait eu lieu au Rose art museum l'exposition Tiger by the Tail, videos d' artistes femmes d'Inde)


L'Université de Brandeis (près de Boston, Nouvelle Angleterre, USA) a décidé de fermer son musée, le Rose Art Museum et de vendre l'intégralité de sa collection ( 8 000 pièces, beaucoup d'art américain des 1960's et 1970's. et plus récemment Matthew Barney, Goldin, Annette Lemieux, Anri Sala, Kiki Smith, Jackie Winsor...). Pourquoi? Pour rien, juste afin de reverser la somme perçue à son budget de fonctionnement propre. Panique générale. L' association des historiens d'art américains CCA proteste vigoureusement : " Les oeuvres de la collection d'un musée (même privé, comme les musées américains ndlr) sont reconnues comme bien public et l'argent des ventes ne saurait servir qu'à en acheter d'autres. Au lieu de cela, percevoir une collection entière comme un bien financier jetable et la démanteler pour couvrir d'autres postes de dépenses du budget de l'université est un fait profondément alarmant pour toutes les universités disposant d'une collection et tous les musées universitaires (nombreux aux USA, cf les musées d'Harvard, Berkeley, etc.)". On devrait dire : pour tous les musées et les universités.
C'est un cas de figure intéressant : voilà un musée, draguant autour de lui une communauté universitaire, des étudiantEs et enseignantEs en histoire de l'art, des artistes, des conservateurs/trices, des employéEs à la restauration et la conservation des oeuvres, comme tout un public hors-campus, bien sûr, qui est foutu à la poubelle, corps et biens. Cette noyade, juste pour récupérer l'oseille et l'intégrer au budget de fonctionnement de l'institution qui abrite le musée. C'est d'autant moins justifié, paraît il, que ni le musée, ni l'université en question ne sont au bord du gouffre financier. La culture muséale est donc, ici on le voit, véritablement entrée dans le cadre industriel puisqu'on peut décider sa "liquidation" sous prétexte d'une crise.
En ce sens, la CAA parle de "manque de responsabilité académique et de prévisions en matière financière", voire même de "violation des règles professionnelles" .
Artworld Salon, sous la plume de Pablo Helguera, ajoute qu'en même temps, un musée du Kansas (Nelson Atkins Museum) a décidé de ne plus recruter pour les postes de conservateur/trice en chef, de directeur/trice culturel, de directeur/trice de programmation, entre autres membres éminents d'une équipe muséale. Combien d'autres exemples de démantelement, demande-t-il, vont-ils se faire connaître cette année?
En même temps, le Congrès américain vote aujourd'hui un plan d'augmentation de 50M $pour le NEA (National Endowment for the Arts) . S'il est approuvé, c'est évidemment une bonne chose pour la culture : mais, ajoute Helguera, cette somme représente à peine le quart du budget annuel du Metropolitan Museum of Art de New York...

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