Monday, December 29, 2008

2009, grouille-toi (grenouilles de bénitier, 3)

Voilà pourquoi LBV demande à 2009 de se grouiller :

Les Inrocks, 23 décembre 2008. p. 38:
2008 vu par Catherine Millet, écrivaine convertie, le jour où le pape s'est adressé aux intellectuels parisien, l'auteur de jours de souffrance y était
"Benoît XVI a quelques mètres de moi".....
"moi et six cent autres pour qui cette visite fut en fait un double événement"

Prochoix, 26/13/2008 (sur le site)
Pour le Pape, l'homosexualité est coupable de détruire l'oeuvre de Dieu
Benoît XVI n'est pas prêt de renoncer à son rôle de pape ultra-conservateur puisqu'il a de nouveau attaqué l'homosexualité lors de son traditionnel discours de Noël. Benoît XVI y a expliqué que l'homme doit «se protéger lui-même contre sa propre destruction» citant à cet effet l'homosexualité : «Tout ce que l'on désigne communément par le terme d'émancipation de l'identité de genre, se traduit en définitive par l'émancipation par l'homme de la création et de son créateur».
Le Pape a donc accusé l'homme d'être coupable de vouloir «se faire seul et disposer seul de ce qui le concerne». S'appuyant comme à l'accoutumée sur les dogmes pour pilonner le rationalisme, le pape a conclu qu'en agissant ainsi l'homme « vit contre la vérité et contre son créateur».

Petit ajout via le site Rue89, qui annonce le 6 janvier 2009 : "Nouvel assaut contre la pilule du côté du Vatican. Samedi, l'Osservatore Romano, le journal du Saint-Siège, a publié un article signé de Pedro José Maria Simon Castellvi, président de la Fédération internationale des associations de médecins catholiques. Son argument peut étonner. Il n'est pas d'ordre moral mais d'ordre écologique: la pilule contraceptive aurait "des effets dévastateurs sur l'environnement".L'article va même plus loin puisque cet "effet anti-écologique clair" serait en partie à l'origine de l'infertilité masculine. Cause de cette stérilité induite: les hormones rejetées dans la nature par les femmes sous pilule." Et ça continue...

Tuesday, December 23, 2008

Bonne maison rouge

© photo : www.latribune.fr

L'une des meilleures expositions, en ce moment à Paris (mais pourquoi ce hit-parade, d'emblée, LBV?), est celle qui est présentée à la Maison Rouge, consacrée à la collection Coppel (Isabel et Agustin), couple mexicain originaires du Nord-Ouest du pays, pourvus paraît il d'un bon millier d'oeuvres et d'un jardin botanique où les artistes, également interviennent (ainsi : Tatiana Trouvé). Sous le titre Mexico: prévu/imprévu (Mexico: expected/unexpected), Monica Amor (commissaire) et Carlo Basualdo (conseiller) ont simplement fabriqué une trame brodant les motifs d'une "mexicanité" affichée comme plus mouvante et complexe que les stéréotypes (cf. le chanteur de...) et d'une "internationalité" qui rejoue la der des der des avant-gardes des années 1960-70, avec les films d'Ana Mendieta, très bien (re)présentés, les travaux de Gordon Matta-Clark (avec une oeuvre photographique relevant de son action à Paris, Conical Intersection, en 1975), ceux de Lygia Clark et d'Helio Oiticica, aussi bien que les photos d'Helen Levitt, ou de Tina Modotti et Manuel Alvarez Bravo, lesquels, avec Gabriel Orozco, toujours formidable, bouclent ou cadrent cette histoire.
Prévu (elle est aussi au MAMVP) mais efficace : l'installation de Francis Alÿs, artiste belge qui vit à Mexico depuis 15 ans, montre les passants se réfugiant à l’ombre du drapeau national sur la place de la Constitution. Prévoyant :le rendez-vous, dans un lieu précis de Mexico, proposé à un collectionneur par Jonathan Monk, en 2017.
Imprévisible par son suspens: l' installation d'écorces d'ail par Rivane Neuschwander (ci-dessus). Imprévisible, également, la commande par le couple Coppel à Pedro Reyes qui, après avoir fait la récolte des armes, nombreuses dans cet état où pullulent parait il les narco-trafiquants, les a fait fondre pour en faire des pelles, exposées là, avec une couleur métallique qui n'est pas tout à fait la même que celles de Jardiland.
Ou cet autre projet collectif dans la périphérie urbaine de Monterrey, occupée par les "posesionarios". Les 355 quartiers "irréguliers", qui sont pourtant découpés par lotissements, vendus et achetés, ne possédant aucun espace public, le projet a consisté à fabriquer une plaque de béton de 40m2 posée à même le sol, comme un "corps étranger" dans un site, afin d'en "dévoiler les carences" en même temps que suggérer des "possibilités d'usage". La dalle sera investie d'une pluralité de fonctions, servant de place commune, jusqu'à ce qu'un revendeur achète la place et en ejecte les usagers.

Monday, December 22, 2008

Willoughby Sharp, l'être aiguisé.

N/AAvalanche 1970-1976Avalanche 1970-1976


Le critique, artiste et commissaire, etc. Willoughby Sharp est mort d'un cancer de la gorge le 17 décembre, à l'âge de 72 ans. Depuis les années 1960, Sharp (qui avait été l'élève de Meyer Schapiro à l'université Columbia de New York) s'était fait le promoteur de l'art expérimental, par exemple en co-produisant un programme de télévision sur le pop art américain pour une chaîne allemande (1964), en exposant Bob Rauschenberg en 1964 à Krefeld en Allemagne, ou organisant nombre d'expositions sur le cinétisme et les mouvements d'avant-garde tels "Light Motion Space" (1967 Walker art center Minneapolis), "Air Art" (1968 Philadelphie), "Earth art" (1969 Cornell University Ithaca N.Y.), "Projects : pier 18" (1971 MoMA), "Joseph Beuys"(1973 Ronald Feldman Fine Arts, Inc., N.Y) ou encore : "Videoperformance' (1974, 112 Greene Street Gallery, N.Y.)
Dans les années 1970, Sharp fit des performances assez violentes et de l'art vidéo. Son film Place and Process fit partie du célèbre Information show, première exposition d'art "conceptuel" au MoMA en 1970. Il fut l'invité du Pavillon Américain à la Biennale de Venise en 1976. Il réalisa en même temps des interview vidéos ou plutôt des “Videoviews” de Bruce Nauman, Vito Acconci, Joseph Beuys, Chris Burden ...
Willoughby Sharp reste également dans l'histoire de l'art en tant que co-fondateur avec Liza Bear du fameux magazine newyorkais Avalanche, qui exista entre 1970 et 1976 : un engagement critique travaillant la relation entre la chose imprimée et l'oeuvre (telle qu'on pouvait la questioner dans la performance et l 'art conceptuel). L'entretien y était la forme privilégiée, avec des interviews et des projets d'une communauté d'artistes, dont Carl Andre, Bas Jan Ader, Alice Aycock, Bill Beckley, General Idea, Hans Haacke, Bruce Nauman, Dennis Oppenheim, Yvonne Rainer, Keith Sonnier, Robert Smithson, Lawrence Weiner ou William Wegman... ("Avalanche was a unique media phenomenon in an age that crossed boundaries freely, a cross between a magazine, an artist book and an exhibition space in print.", écrivent Sharp et Bear, The Early History of Avalanche: 1968-1972).
Après la fin d'Avalanche, Sharp et Liza Bear ont collaboré sur plusieurs projets télévisuels : Warc Report: Allocating the Airwaves (1979) et Phase II: Send/Receive Satellite Network (1977), avec Keith Sonnier : des travaux utilisant le satellite, le fax et l'ordinateur, pionniers dans le domaine de la télécommunication et de l'interactivité.
Au début des années 1980, Sharp était aussi le correspondant "arts" du journal new-wave et newyorkais East Village Eye. Il fut un proche de Joseph Beuys et c'est lui qui avait enregistré à la caméra la fameuse performance de ce dernier à la galerie René Block:" I Like America, America Likes Me”.

Monday, December 08, 2008

George Brecht et ses "event"




Two Exercises, fall 1961:

Consider an object. Call what is not the object "other". Add to the object, from the "other", another object, to form a new object and a new "other". Repeat until there is no more "other". Take a part from the object and add it to the "other", to form a new object and a new "other". Repeat until there is no more object.

.../...

Chimiste de haut niveau (pour Johnsons &Johnsons, notamment), artiste, élève de John Cage à la New School de New York, joueur d'échecs, intéressé par le Zen et le hasard, George Brecht (né MacDiarmid, aucun rapport avec Berthold, en 1926 et mort le 5 décembre dernier) est surtout connu pour son association avec Fluxus : pour ses "arrangements" de petites cartes, de boîtes, d'objets ordinaires et pour ses initiative en matière de performance et de publication (avec V Tre (1963) ultérieurement repris par Maciunas) ; il est surtout célèbré pour avoir inventé la notion d'"event" comme unité minimale (et maximale) d'exposition : par exemple, son "Comb Event", usage du peigne, son "Lamp Event" (=On/off), son "Three Chairs Event", ou encore, voir photo, son "Violin Event" le nettoyage d'un violon... Des objets quotidiens manipulés de façon tout à fait quotidienne, en guise de contre-proposition à l'esthétique du White Cube. Mais cela n'est pas la seule explication.
On oublie souvent qu'avant Hantai, Brecht avait en 1957 trempé des draps dans de l'encre en les pliant et les dépliant, de façon à obtenir des formes aléatoires. C'était cela qui l'intéressait, en tant que scientifique et en tant qu'artiste : l'événement comme "sélection dans un univers limité de résutats possibles", produit par n'importe quelle activité et donnant lieu à un système de notation ("event score") qui le rende transmissible par ou pour n'importe qui, de façon à réduire, selon Brecht, "la distance entre hasard et choix". Brecht a auguré d'une transformation radicale, non seulement de l'art, mais aussi du spectateur ou de la façon de le lire.
Déménageant à Rome, installé en Europe, Brecht rencontra Robert Filliou, avec qui il tint entre juillet 1965 et mars 1968 La Cédille qui sourit à Villefranche-sur-mer. Il s'installa définitivement, à Cologne en Allemagne en 1970, avant de se retirer du monde de l’art: une grande exposition avait été organisée (George Brecht, a Heterospective) par les musées Ludwig de Cologne et MACBA de Barcelone en 2006 et les Presses du Réel ont publié ses écrits.

le devenir-Dame de Pique-Laurette-Walkyrie-Earta Kitt-Thriller-L'ecclesiaste-L'enfant du bordel-Manifeste du Parti Communiste &... par Alain Buffard.

Vu a la Ménagerie de Verre (75011 Paris) dans le cadre de Les Inaccoutumés : Self&others, d'Alain Buffard avec Cecilia Bengolea, François Chaignaud, Matthieu Doze et Hanna Hedman.

D'abord, on se trompe. Kès-ce que c'est que cet éphèbe à mèches bouclées (pléonasme), vêtu seulement d'un pagne écossais, qui se pavane dans un cercle de bougies et suce des jambes pointues de poupées Barbie, qui chante d'une voix de haute-contre des insanités (mais XVIIè siècle) tout en faisant le poirier. Zut! On se voit déjà rangé chez les folles baroqueuses et la "cage" de plastique transparent qui entoure la scène, rendant la vue un peu vaporeuse, tend à lubrifier cette impression. Mais non. Peu à peu, quatre "personnages" (le mot est tout à fait erroné) se donnent à voir ou à lire, c'est selon : celle-ci en "Manifeste du Parti Communiste"; celle-là en cheval-chevauchée (des Walkyries); celui-là, enfin sur talons très exagérés, un peu soeur de la Self-Indulgence, est en espace vital par temps de crise; soit moins d'un mètre carré aménagé autour de son corps très vertical (ce sont : François Chaignaud, Hanna Hedman, Cecilia Bengolea et Matthieu Doze, tous extra)
Voilà le jeu. Qu'est-ce qu'on représente et qu'est-ce qui nous représente? Chacun et chacune a apporté préalablement sa tambouille, sa signalétique, ses arguments --et pas seulement ses objets-- pour rendre visuel son fantasme, son devenir...-foutre, -centaure féminine, -espace vital, -Manifeste, ou comme le dit bien mieux Alain Ménil, son "minimum indispensable, son kit de survie pour les jours démunis". Chacun de ces chacuns (ou de ces chacunes) va ainsi se mêler de l'autre, l'altérer et s'altérer dans ces limbes d'espaces où le miel, le translucide, et le rideau à franges règnent en maîtres pour la brouiller (la vue).
Et c'est là où Alain Buffard s'en mêle: plus metteur en scène que chorégraphe, comme il dit. Non pour composer avec des personnages ou des figures mais avec des obsessions, des lignes de fuite, des identifications, des subjectivités..et des performances.

Thursday, December 04, 2008

Carolyn Christov-Bakargiev directrice de la prochaine Documenta (2012) à Kassel


Carolyn Christov-Bakargiev a été élue directrice artistique de la prochaine Documenta (n°13) qui aura lieu du 9 juin au 16 septembre 2012 à Kassel. Commissaire et critique, diplômée sur les relations art/littérature et vivant à Rome, Turin et New York, elle est actuellement conservatrice en chef au Castello di Rivoli de Turin (après l'avoir été à PS1, New York, entre 1999 et 2001); elle a organisé la dernière Biennale de Sydney (sur le thème "Revolutions-Forms that Turn").
Elle a notamment travaillé sur l'arte povera, Alberto Burri, Carla Accardi, William Kentridge, Francis Alÿs, et Janet Cardiff (et avec HUO, l'avait d'ailleurs montrée dans une exposition de trois ans à la Villa Medicis, à Rome, en 1998...); elle a également été co-commissaire de la première triennale de Turin en 2005.
Cf: http://www.documenta13.de/d13_info.html?&L=1