
TOUS LES VŒUX DE LE BEAU VICE POUR 2008





Son discours inaugural a également apporté une défense ferme du rôle traditionnel de l’université qui est "l’organisatrice d’une tradition vivante", mais aussi un lieu "pour les philosophes autant que pour les scientifiques", où l’enseignement et la connaissance sont valorisés en partie "parce qu’ils définissent ce qui, à travers les siècles, a fait de nous des humains et pas parce qu’ils peuvent améliorer notre compétitivité mondiale".
Elle a en outre signalé sa volonté de rendre l’enseignement à Harvard "disponible et accessible", et de diversifier les effectifs de l’université : "Ceux qui regrettent un âge d’or perdu de l’enseignement supérieur devraient penser à la partie très limitée de la population à qui cette utopie était destinée. L’université était réservée à une petite élite ; désormais, elle sert les masses, pas seulement quelques privilégiés." Elle ajoute que les universités américaines ont servi "à la fois d’emblème et de moteur pour l’expansion de la citoyenneté, de l’égalité et des chances accordées aux Noirs, aux femmes, aux Juifs, aux immigrants et à d’autres groupes qui auraient été mis dans des quotas voire exclus à des époques antérieures". Même si elle a axé son discours sur les idées, Drew Gilpin Faust n’a pas oublié de rappeler qu’il était indispensable qu’Harvard soit à la pointe de la recherche scientifique mais que cela ne devait pas se faire au détriment des valeurs humanistes de l’établissement : "Il est urgent pour nous de poser les questions d’éthique et de sens de notre action qui nous permettront de nous confronter à la signification humaine, sociale et morale de notre relation changeante avec le monde qui nous entoure."
6) Voilà, dit Laurence Bertrand Dorléac, la meilleure réponse donnée par une femme qui sait de quoi elle parle et dont le discours aurait pu être relayée par les médias si l'on avait voulu vraiment poser le débat en termes de choix de société profonds.
Nous aimerions relayer ici vos informations sur les politiques publiques de la culture; merci d'envoyer vos commentaires à Le Beau Vice ou à www.poptronics.fr

Mais poptronics ne pouvait se contenter de la jouer « auto-promo » : le pop’lab, magazine en PDF, n’est-il pas aussi une passerelle entre les arts et les pratiques, du net-art au graphisme, de la musique au post-graff ? Or donc, en guise de pop’cerise sur le gâteau, des artistes ayant investi cet espace viendront pratiquer une « extension » scénique de leur projet. Au programme, les « Instants RSS » de Nicolas Frespech, lus par Anne Laforêt, sur fond d’images envoyées par vous internautes. Souvenez-vous, les Instants RSS sont le journal d’artiste en flux RSS de Nicolas Frespech, qu’il avait artificiellement figé sur le mot « travail » (travailler plus pour gagner plus, ça vous rappelle quelque chose non ?), pour un texte mi-absurde, mi-poétique. Nicolas invite les internautes à envoyer les photos de leur espace de travail (au bureau, au jardin, à la maison, c’est vous qui choisissez), selon un mode d’emploi précis que vous trouverez ici.
Le pop’lab de Jean-Jacques Birgé est en cours (et on l’espère sera en ligne à la date du 8 décembre), qui donne une lumière très spéciale sur la création et la composition, la fameuse « étincelle » à l’origine de l’art. Le compositeur et designer sonore qui fait chanter les robots-lapins communicants (entre mille autres choses !) nous fera le plaisir de s’inviter sur scène pour parler et faire un peu de musique à voir (on n’en dit pas plus). Enfin, Vincent Elka, dont le pop’lab est en chantier, viendra présenter « Shou(t) », œuvre interactive primée à l’Ars Electronica 2007 (mais comme sa performance est encore sous réserve à l’heure où ces lignes sont écrites, on n’en rajoute pas plus).
(photo Valérie Caillon)
En bas à droite : Jean-Luc Verna?